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LateNightTales de MGMT

chronique d'album
Depuis dix ans, les compilations LateNightTales laissent tout loisir à des artistes d’obédiences variées de concocter un savant mélange de perles rares, morceaux fétiches et autres déclencheurs d’inspiration. Confier les clés de la maison aux deux gars de MGMT relève de l’évidence la plus limpide. On sait que Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden sont de grands mange-disques ; on a admiré la façon dont le duo s’était facilement propulsé dans la cour des grands, avec l’excellent Congratulations (2010). Il était temps de voir ce qui peuple les rayonnages de sa discothèque. Le résultat est merveilleux comme une petite histoire de la pop vaporeuse, voire psychédélique, voire légèrement déviante. Il donne au passage une indication sur la nature du virage opéré entre la pyrotechnie pop d’Oracular Spectacular (2008) et l’éblouissante simplicité de Congratulations : un recentrage sur un son modeste et fouillé, inspiré d’un bel héritage confidentiel. Avant de s’incliner devant la sélection des vingt chansons, saluons d’abord l’élégant sens des enchaînements dont fait preuve le tandem, qui confère à l’ensemble une fluidité et une cohérence impressionnantes.

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Les aplats de gris sont ici déclinés en petites touches cotonneuses, par des légendes familières comme Suicide (Cheree), Julian Cope (émouvante Laughing Boy), Durutti Column (For Belgium Friends) ou The Velvet Underground (Ocean), mais aussi par des chouchous du cru, sortis du sempiternel coffre aux trésors cachés (l’inusable Pink Frost des Néo-Zélandais The Chills, la miniature instrumentale Red Indians de Felt, l’enlevée Melancholy Man de The Wake ou l’immense Stop & Smell The Roses des Television Personalities). Selon son âge et sa culture, la proportion de découvertes variera. Il nous faut humblement avouer avoir fait la connaissance ici même de Disco Inferno (avec un extrait délicat du troisième LP de ce quatuor britannique d’inspiration new-wave, Technicolour, paru en 1996), The Great Society (avec Love You Girl, sublime pépite folk californienne de la fin des années 60), The Jacobites (groupe de feu Nikki Sudden, qui évoque les belles heures de The Go-Betweens) ou Dave Bixby, auteur d’un unique album en 1969 (
Ode To Quetzalcoatl), dont est issue la triste Drug Song, rumination acoustique sur une déchéance sous psychotropes. Rien que pour ces révélations, remerciements éternels aux chatons Ben et Andrew, qui signent au passage une brillante relecture du All We Ever Wanted Was Everything de Bauhaus.


MGMT- "All We Ever Wanted Was Everything" (Bauhaus Cover)
Vincent Théval
MAGIC RPM  #156


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