En mai
2009, MGMT eût un temps d’avance sur l’ensemble du corps électoral français, en
infligeant une monumentale branlée à l’UMP, contraint à verser au duo américain
moult espèces sonnantes et trébuchantes pour avoir utilisé illégalement son
tube Kids en gimmick de plusieurs
grands-messes propagandistes. Un retour d’Hadopi dans les dents blanches de
Xavier Bertrand. Aucun risque pour que pareille aventure se reproduise
aujourd’hui, puisque Congratulations
ne recèle aucun hymne générationnel galvanisant et s’en passe très bien, merci
pour lui. Pour être honnête, on n’avait pas franchement prévu d’être à ce point
enchanté et surpris par le deuxième album d’un groupe qui partait lesté de
quelques handicaps : un premier essai excitant mais largement boosté par
trois tubes et une production extralarge, des prestations scéniques navrantes,
le soupçon d’une aventure sans lendemain qui n’avait que regrets et
désillusions à nous promettre. Quelle belle claque aux mauvais esprits que ce Congratulations élégant, gracieux et
modeste, porté par une écriture ciselée et détendue, un son resserré, une foi
candide dans la musique.
Passons pudiquement sur la redoutable pochette du disque (Sega, c’est plus fort que toi) et saluons l’intelligence des deux éphèbes chevelus Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, qui ont renoncé à jouer la surenchère ou à montrer leurs muscles, et sont plutôt allé voir ailleurs si leur talent n’y était pas. Et miracle, il est là, tout entier dans ce disque conçu en groupe, avec leurs musiciens de scène et Sonic Boom aux manettes, déclinaison heureuses des toutes les couleurs de la pop psychédélique des années 60, avec une prédilection pour The Pipers At The Gates Of Dawn (1967), la pierre philosophale du Pink Floyd version Syd Barrett. Une influence déjà à l’œuvre sur Oracular Spectacular (2008) mais ici mise à nu. Car la vraie surprise ne vient pas d’un revirement stylistique majeur, d’une nouvelle façon d’écrire les chansons, mais plutôt d’une réévaluation complète de leur mise en son. Revenues dans des sphères plus modestes, les voix assez magiques de deux garçons font corps avec des morceaux dégraissés : agglomérés autour d’une rythmique serrée, leurs guitares, claviers aigrelets et chœurs épousent parfaitement les mélodies palpitantes de Song For Dan Treacy, Brian Eno (parfaite pop-song nerveuse et céleste à la fois), It’s Working (étonnamment entamée comme un morceau des Pixies) ou l’immense single Flash Delirium.
Mais là où MGMT fait la différence et porte les débats à une altitude supérieure, c’est sur une poignée de morceaux au psychédélisme fragile, délicates mélodies à la mélancolie poignante déliées en lents tourbillons (Someone’s Missing, I Found A Whistle) ou en puzzle à la beauté infinie (les douze minutes à la fois accidentées et apaisées de Siberian Breaks sont d’une beauté renversante). Après un incroyable instrumental élégiaque et torturé (Lady Dada’s Nightmare), le duo suspend définitivement le temps avec Congratulations, magnifique ballade que l’on devine très personnelle, simple et éblouissante comme un soleil levant : “I save my grace with half-assed guilt/And lay down the quilt upon the lawn/Spread my arms and soak up congratulations”. Félicitations, donc.
Passons pudiquement sur la redoutable pochette du disque (Sega, c’est plus fort que toi) et saluons l’intelligence des deux éphèbes chevelus Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden, qui ont renoncé à jouer la surenchère ou à montrer leurs muscles, et sont plutôt allé voir ailleurs si leur talent n’y était pas. Et miracle, il est là, tout entier dans ce disque conçu en groupe, avec leurs musiciens de scène et Sonic Boom aux manettes, déclinaison heureuses des toutes les couleurs de la pop psychédélique des années 60, avec une prédilection pour The Pipers At The Gates Of Dawn (1967), la pierre philosophale du Pink Floyd version Syd Barrett. Une influence déjà à l’œuvre sur Oracular Spectacular (2008) mais ici mise à nu. Car la vraie surprise ne vient pas d’un revirement stylistique majeur, d’une nouvelle façon d’écrire les chansons, mais plutôt d’une réévaluation complète de leur mise en son. Revenues dans des sphères plus modestes, les voix assez magiques de deux garçons font corps avec des morceaux dégraissés : agglomérés autour d’une rythmique serrée, leurs guitares, claviers aigrelets et chœurs épousent parfaitement les mélodies palpitantes de Song For Dan Treacy, Brian Eno (parfaite pop-song nerveuse et céleste à la fois), It’s Working (étonnamment entamée comme un morceau des Pixies) ou l’immense single Flash Delirium.
Mais là où MGMT fait la différence et porte les débats à une altitude supérieure, c’est sur une poignée de morceaux au psychédélisme fragile, délicates mélodies à la mélancolie poignante déliées en lents tourbillons (Someone’s Missing, I Found A Whistle) ou en puzzle à la beauté infinie (les douze minutes à la fois accidentées et apaisées de Siberian Breaks sont d’une beauté renversante). Après un incroyable instrumental élégiaque et torturé (Lady Dada’s Nightmare), le duo suspend définitivement le temps avec Congratulations, magnifique ballade que l’on devine très personnelle, simple et éblouissante comme un soleil levant : “I save my grace with half-assed guilt/And lay down the quilt upon the lawn/Spread my arms and soak up congratulations”. Félicitations, donc.