Il en est parfois des disques comme des journaux intimes. Pas prêts à conquérir le monde ni à s'en détacher, leurs auteurs y compilent avec soin et manie leurs angoisses, leurs petites nostalgies et autres joies du quotidien. Un peu comme ce nouvel album de Metamatics, pseudo pas vraiment en adéquation derrière lequel se cache le dénommé Lee Norris, par ailleurs instigateur du label Neo Ouija et auteur sous de multiples pseudos (Norken, Tone Language...). Plus calme et moins electro que ses précédentes productions, Norris joue là pleinement la carte de l'introspection mélancolique. De douces rêveries électroniques (Rapala Shad) en plages ambient où des poèmes viennent s'arracher aux embruns orageux (What The Birds Overheard), Norris, s'il convoque de prime abord des influences trop évidentes (Boards Of Canada, Autechre...), y développe une approche très personnelle et fort (é)mouvante par ses dispositions à traiter les textures dans le temps et la longueur pour en ressortir des émotions simples et touchantes. Un disque à chérir les jours maussades.