On a envoyé quelques futiles questions à notre tandem préféré. Denise et Evan ont même bâclé leurs examens pour nous répondre. Entrevue, donc, où l'on cause premier album, Canada, Weezer, vocation, Velvet
et cafés. {Interview Christophe Basterra}.
Bonjour les amis ! Et si on commençait par le commencement : quand et où vous-êtes vous rencontrés ?
Evan : Un ami commun nous a présenté. Si je me souviens bien, ça s’est passé sur le trottoir d’une banque. Denise était en train de filmer pour un documentaire, et elle m’a alpagué pour faire une interview dans une confiserie.
Sincèrement : avez-vous joué dans d’autres groupes avant memoryhouse ?
Evan : Dans quelques formations au lycée, mais rien de sérieux. On ne faisait que des reprises de Weezer ! À vrai dire, je ne me suis jamais senti très à l’aise avec l’idée d’être membre d’un groupe.
Evan, tu fais aussi de la musique dans ton coin. En quoi ces activités solitaires diffèrent de ce que tu fais avec memoryhouse ?
Evan : Les deux projets partagent une certaine esthétique. Mon travail en solo s’inscrit plus dans une discipline minimaliste et classique, du coup, quand j’ai commencé à écrire des chansons pop pour memoryhouse, c’était des compostions très dénudées et atmosphériques, avec un fort accent mis sur les textures. C’est quelque chose que nous continuons de développer, même si notre façon de faire évolue forcément.
Comment procédez-vous à l’heure de composer ? Est-ce juste une histoire du genre : “Denise, tu t’occupes des textes et moi, je régente la musique”.
Evan : Sur le Ep The Years, j’ai chapeauté à la fois les paroles et la musique, même si Denise a tenu un rôle essentiel dans l’écriture de Sleep Patterns. À l’époque, c’était vraiment le début du projet, on apprenait tout juste à travailler ensemble. À l’inverse, nos nouveaux morceaux sont réalisés de façon totalement collégiale, Denise prenant une part essentiel dans l’élaboration des mélodies. C’est une période passionnante parce que nous apprenons à jouer avec les forces de chacun.
La première chanson que vous avez enregistrée est une reprise à tomber à la renverse de Nico, These Days. Vous en avez fait une de Grizzly Bear aussi. Vous en avez d’autres dans votre besace, et que retirez-vous de cet exercice de recyclage ?
Evan : Merci pour le compliment Cri-Cri ! On se lance dans pas mal de relectures entre nous, mais on en enregistre très peu au final. Je crois que la toute dernière est celle de Watch The Waves, un morceau de Taken By Trees. Mais pour l’instant c’est juste moi qui chante et qui joue, je l’ai envoyée à Denise pour qu’elle l’agrémente. Sinon, on aime bien s’attaquer à Best Coast pour s’échauffer, leurs chansons donnent la patate ! Paradoxalement, je pense que se lancer dans une reprise te force à dévoiler ta propre personnalité. C’est toujours fendard et excitant de réinterpréter quelque chose et de te l’approprier. Ça s’avère aussi être une excellente préparation avant de te plonger dans ton propre travail, simplement parce que ça t’oblige à te focaliser sur ta musique, et sur la façon dont tu veux qu’elle sonne.
Dites-moi si je m’emballe, mais il me semble que la forme est aussi importante que le fond dans memoryhouse. Vous considérez-vous plus comme des songwriters ou des soundwriters ?
Evan : Bordel, c’est une putain de question d’enfer ! Nous sommes très sensibles à la façon dont les textures sonores influent sur le climat d’une chanson, et partant de là, je crois que créer un “son” ou une ambiance est aussi important que le morceau en lui-même. Sur Lately par exemple, la voix de Denise est poussée en avant, comme si elle était mise en opposition. J’adore la manière dont l’arrière-plan musical diffuse cette aura mélancolique et vaporeuse qui donne une dimension singulière aux mots qu’elles prononcent. Pour nous, c’est le parfait exemple de l’interaction entre le son et la composition, de ce qui rend un morceau intéressant et novateur.
Votre environnement influe-t-il sur votre manière d’écrire ?
Denise : Un peu, oui. Évidemment, le fait qu’on se caille les miches six mois dans l’année influence notre approche du monde, mais dans le fond, je crois que c’est moins lié à l’endroit où l’on vit, qu’à la façon dont on y vit. Personnellement, je passe le plus clair de mon temps à vadrouiller entre mon village, la grande ville ou la campagne environnante, et cette sensation de n’appartenir à aucune contrée m’influence sûrement. Mais c’est surtout un sentiment universel, un signe des temps… J’imagine qu’Evan perçoit la même chose. On essaie d’évoquer ça dans notre musique, ce vain désir de stabilité, cette solitude pleine d’espoir.
Quel est le premier album acheté ? Et le premier qui vous a mis su’l’cul ?
Evan : Weezer ! The Blue Album, acheté sur cassette. Je me rappelle avoir zieuté la video de Buddy Holly sur l’ordinateur de maman, et j’ai kiffé sa mère. Je comprenais que pouic à ce que Rivers racontait, je ne savais même pas qui était Buddy Holly ou Mary Tyler Moore, mais ce morceau m’a ébaubi. Le lendemain, maman m’a emmené au magasin de disques pour acheter l’album. Évidemment, quelques années plus tard, quand Pinkerton est sorti (j’avais 9 ans), j’ai été décontenancé par le changement de style et j'ai foutu le camp sans demander mon reste ! Ah la la la, Weezer, c’est tellement dommage qu’ils soient partis en sucette après ce disque.
Bonjour les amis ! Et si on commençait par le commencement : quand et où vous-êtes vous rencontrés ?
Evan : Un ami commun nous a présenté. Si je me souviens bien, ça s’est passé sur le trottoir d’une banque. Denise était en train de filmer pour un documentaire, et elle m’a alpagué pour faire une interview dans une confiserie.
Sincèrement : avez-vous joué dans d’autres groupes avant memoryhouse ?
Evan : Dans quelques formations au lycée, mais rien de sérieux. On ne faisait que des reprises de Weezer ! À vrai dire, je ne me suis jamais senti très à l’aise avec l’idée d’être membre d’un groupe.
Evan, tu fais aussi de la musique dans ton coin. En quoi ces activités solitaires diffèrent de ce que tu fais avec memoryhouse ?
Evan : Les deux projets partagent une certaine esthétique. Mon travail en solo s’inscrit plus dans une discipline minimaliste et classique, du coup, quand j’ai commencé à écrire des chansons pop pour memoryhouse, c’était des compostions très dénudées et atmosphériques, avec un fort accent mis sur les textures. C’est quelque chose que nous continuons de développer, même si notre façon de faire évolue forcément.
Comment procédez-vous à l’heure de composer ? Est-ce juste une histoire du genre : “Denise, tu t’occupes des textes et moi, je régente la musique”.
Evan : Sur le Ep The Years, j’ai chapeauté à la fois les paroles et la musique, même si Denise a tenu un rôle essentiel dans l’écriture de Sleep Patterns. À l’époque, c’était vraiment le début du projet, on apprenait tout juste à travailler ensemble. À l’inverse, nos nouveaux morceaux sont réalisés de façon totalement collégiale, Denise prenant une part essentiel dans l’élaboration des mélodies. C’est une période passionnante parce que nous apprenons à jouer avec les forces de chacun.
La première chanson que vous avez enregistrée est une reprise à tomber à la renverse de Nico, These Days. Vous en avez fait une de Grizzly Bear aussi. Vous en avez d’autres dans votre besace, et que retirez-vous de cet exercice de recyclage ?
Evan : Merci pour le compliment Cri-Cri ! On se lance dans pas mal de relectures entre nous, mais on en enregistre très peu au final. Je crois que la toute dernière est celle de Watch The Waves, un morceau de Taken By Trees. Mais pour l’instant c’est juste moi qui chante et qui joue, je l’ai envoyée à Denise pour qu’elle l’agrémente. Sinon, on aime bien s’attaquer à Best Coast pour s’échauffer, leurs chansons donnent la patate ! Paradoxalement, je pense que se lancer dans une reprise te force à dévoiler ta propre personnalité. C’est toujours fendard et excitant de réinterpréter quelque chose et de te l’approprier. Ça s’avère aussi être une excellente préparation avant de te plonger dans ton propre travail, simplement parce que ça t’oblige à te focaliser sur ta musique, et sur la façon dont tu veux qu’elle sonne.
Dites-moi si je m’emballe, mais il me semble que la forme est aussi importante que le fond dans memoryhouse. Vous considérez-vous plus comme des songwriters ou des soundwriters ?
Evan : Bordel, c’est une putain de question d’enfer ! Nous sommes très sensibles à la façon dont les textures sonores influent sur le climat d’une chanson, et partant de là, je crois que créer un “son” ou une ambiance est aussi important que le morceau en lui-même. Sur Lately par exemple, la voix de Denise est poussée en avant, comme si elle était mise en opposition. J’adore la manière dont l’arrière-plan musical diffuse cette aura mélancolique et vaporeuse qui donne une dimension singulière aux mots qu’elles prononcent. Pour nous, c’est le parfait exemple de l’interaction entre le son et la composition, de ce qui rend un morceau intéressant et novateur.
Votre environnement influe-t-il sur votre manière d’écrire ?
Denise : Un peu, oui. Évidemment, le fait qu’on se caille les miches six mois dans l’année influence notre approche du monde, mais dans le fond, je crois que c’est moins lié à l’endroit où l’on vit, qu’à la façon dont on y vit. Personnellement, je passe le plus clair de mon temps à vadrouiller entre mon village, la grande ville ou la campagne environnante, et cette sensation de n’appartenir à aucune contrée m’influence sûrement. Mais c’est surtout un sentiment universel, un signe des temps… J’imagine qu’Evan perçoit la même chose. On essaie d’évoquer ça dans notre musique, ce vain désir de stabilité, cette solitude pleine d’espoir.
Quel est le premier album acheté ? Et le premier qui vous a mis su’l’cul ?
Evan : Weezer ! The Blue Album, acheté sur cassette. Je me rappelle avoir zieuté la video de Buddy Holly sur l’ordinateur de maman, et j’ai kiffé sa mère. Je comprenais que pouic à ce que Rivers racontait, je ne savais même pas qui était Buddy Holly ou Mary Tyler Moore, mais ce morceau m’a ébaubi. Le lendemain, maman m’a emmené au magasin de disques pour acheter l’album. Évidemment, quelques années plus tard, quand Pinkerton est sorti (j’avais 9 ans), j’ai été décontenancé par le changement de style et j'ai foutu le camp sans demander mon reste ! Ah la la la, Weezer, c’est tellement dommage qu’ils soient partis en sucette après ce disque.