L'appétit manque. Les pensées vagabondent. Les
frissons parcourent l'échine. Surtout, le cœur bat plus vite… Ces sensations,
celles d'ordinaire réservées aux premiers émois, elles ne nous quittent plus
depuis la découverte, presque par hasard, de Memoryhouse. De ce duo
masculin-féminin, on ne sait pas grand-chose. Et entre nous soit dit, on n'a
pas envie d'en savoir bien plus. Comme s'il fallait préserver une part
d'inconnu. Au Canada (dont la scène musicale est de moins en moins Dry), dans
la province d'Ontario, Evan Abeele (lui), “compositeur
néoclassique”, et Denise Nouvion (elle), “photographe” mais
aussi chanteuse, donc, piquent le titre du premier album du cérébral Max
Richter pour s'en faire un nom et enregistrent en chambre quatre chansons.
Quatre chansons qui viennent tout à coup bouleverser le quotidien et replongent
dans cette époque qui aurait dû être à jamais révolue, où quasiment vierge
encore de toutes connaissance musicale, on s'émerveillait de chaque nouvelle
porte entrouverte.
Alors, écouter la musique de ces deux jouvenceaux – ils ne doivent pas avoir vingt ans –, c'est revenir au temps où on n'avait toujours pas eu la chance d'entendre 17 Seconds ou Running Up That Hills, Evergreen Dazed ou Elegia. Bordé par une tourneboulante berceuse post-moderne intitulée Sleep Paterns et les reflets chatoyants des ressacs évocateurs de To The Lighthouse, ce Ep dévoile avec pudeur des mélodies embrumées sur fond de guitares réverbérées, quelques synthés en apnée et une boîte à rythmes bricolée, soit un l'écrin parfait offert à une voix élégante dont les douces caresses finissent forcément par faire tourner la tête. Et puis, alors que l'on retient son souffle et que le temps se suspend une fois de plus, on prend conscience que l'écoute de The Years est bien plus qu'un plaisir. C'est un devoir. Le devoir de mémoire.
Alors, écouter la musique de ces deux jouvenceaux – ils ne doivent pas avoir vingt ans –, c'est revenir au temps où on n'avait toujours pas eu la chance d'entendre 17 Seconds ou Running Up That Hills, Evergreen Dazed ou Elegia. Bordé par une tourneboulante berceuse post-moderne intitulée Sleep Paterns et les reflets chatoyants des ressacs évocateurs de To The Lighthouse, ce Ep dévoile avec pudeur des mélodies embrumées sur fond de guitares réverbérées, quelques synthés en apnée et une boîte à rythmes bricolée, soit un l'écrin parfait offert à une voix élégante dont les douces caresses finissent forcément par faire tourner la tête. Et puis, alors que l'on retient son souffle et que le temps se suspend une fois de plus, on prend conscience que l'écoute de The Years est bien plus qu'un plaisir. C'est un devoir. Le devoir de mémoire.