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Borne d'écoute - 18/02/10 de Memory Tapes

interviews
C’est désormais une certitude : Seek Magic appartient donc à la caste très fermée de ces disques pouvant prétendre figurer dans les bilans deux années consécutivement. Au moment de sa sortie française, son auteur Dayve Hawk dissèque par le menu les huit chansons d’un album dont on n’a toujours pas fini de faire le tour. Même à Bicycle.
[Propos recueillis par Christophe Basterra].

Swimming Field
Il s’agit du tout premier morceau que j’ai enregistré pour Seek Magic… Et il a donc donné le ton que je désirais trouver en termes d’ambiances sonores. Pas loin de là où j’ai grandi, il y avait ce grand champ où nombre de tuyaux d’écoulement convergeaient et avaient donné naissance à une sorte de lac artificiel. Gamin, j’en ai passé du temps dans cet endroit… Et pour cette chanson, j’ai avant tout essayé de capturer l’ambiance qui régnait là-bas. Enfin, disons plutôt l’ambiance qui existe dans mes souvenirs.

Bicycle
J’ai écrit Bicycle pour ma femme. Nous sommes ensemble depuis tellement longtemps que notre relation tient plus de la fratrie que du couple… C’est pour traduire cette idée que j’emploie les mots “little sister”. Nous avons grandi ensemble, et on a toujours eu cette sensation d’être à part, genre “nous contre le reste du mond” ou “tirons-nous d’ici”… (Spourire.) Voilà, avec Bicycle, j’ai essayé de retranscrire ces sentiments.

Green Knight
En fait, ce morceau m’a été inspiré par un ami qui vivait dans la même rue que moi, lorsque j’étais gosse. Ma principale idée directrice était de faire des références soniques à une personne, plutôt que de l’évoquer de manière explicite. Alors, on peut y entendre plein de bruits étranges, comme ceux liés au basket-ball ou ma voix passée par le micro d’un vieil ordinateur, qui sont autant de références à notre jeunesse.

Pink Stones
À l’origine, je pensais chanter sur ce titre, mais en jouant les parties de clavier, je me suis aperçu que ça n’apporterait strictement rien et j’ai décidé de le laisser instrumental. En travaillant dessus, j’ai pensé très fort à la musique électronique que je préfère, Terry Riley ou Phaedra de Tangerine Dream.

Stop Talking
Pour faire court, on peut voir dans Stop Talking le versant cynique de Bicycle. Car cette fois, la perspective est celle du désamour, tout en ayant toujours le besoin de rester avec l’autre… Comme j’aime bien l’idée que les compositions teintées de cynisme soient orientées club, on se retrouve avec ce qui pourrait ressembler le plus à un morceau disco.

Graphics
C’est simple : je voulais une chanson d’obédience électro mais arrangé de façon presque rock progressif. Tu vois ce que je veux dire ?! Cette chanson a des accents qui me faisaient penser à The Glamourous Life de Sheila E (ndlr. une ancienne protégée de Prince ; le titre de ce morceau sera aussi celui de son premier album, réalisé en 1984), aussi ai-je décidé de lui refiler un faux air de chanson d’amour détachée. Et on en revient à ce que je disais tout à l’heure : à chaque fois que je m’attelle à une compo orientée dance, elle s’avère être marquée par le cynisme. Ce qui, je suppose, veut en dire long sur mon expérience dans les clubs.

Plain Material
J’ai composé cette chanson il y a une éternité. C’est un morceau simple, centré autour de la guitare. Je voulais donc conserver ce point de départ, mais l’emmener ailleurs. Je trouve qu’elle permet de faire une chouette pause, par rapport aux morceaux plus dance. J’aimerais bien composer plus dans cette veine-là.

Run Out
Je suis sûr que tu ne me croirais pas si je te disais que ce morceau a débuté comme une sorte de truc hip hop des années 90, avant de se métamorphoser en une espèce de jam synthétique new-age. Parfois, il arrive que je n’ai aucune idée de la tournure que va prendre un titre avant que j’y apporte les dernières touches, et c’était précisément le cas pour Run Out. En fait, je dois avouer que j’adore écouter des disques alors que je suis en train de m’endormir, aussi ai-je décidé d’envisager ce dernier morceau comme le parfait compagnon pour mieux s’assoupir…
Propos recueillis par Christophe Basterra


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