Si
The Ting Tings cartonne en Angleterre, un autre duo enthousiasme les milieux
branchés de New York. Couple à la ville comme à la scène, Matt & Kim
n’aiment rien tant qu’à jouer dans les endroits les plus incongrus, le plus
souvent dans la rue, où leur pop énergique déclenche l’enthousiasme générale.
Avec leur allure de gentils tourtereaux, ils n’ont pas leur pareil pour se
mettre le public dans la poche, grâce à leur énergie débordante.
Déjà vieux
d’un an, le premier album de la petite merveille de Brooklyn traverse enfin
l’Atlantique. Simplement efficaces, les onze morceaux inoculent une
irrépressible envie de taper du pied, et de se soumettre à l’hystérique mantra
de Matt & Kim. Certes, Matt ne calcule pas son effort, à ainsi blaguer,
gesticuler et s’égosiller derrière son synthétiseur tandis que sa compagne Kim
imprime le rythme. Dans une longue tradition de batteuses au style dépouillé
(de Moe Tucker à Meg White), elle tape de façon métronomique sur les fûts de sa
batterie.
Ce disque court et enjoué témoigne bien de l’univers du tandem, au
bonheur de jouer si évident qu’il en devient contagieux. À l’écoute de Matt & Kim, on peut sans doute
tracer une généalogie dans les chansons les plus rapides de Jonathan Richman ou
des Papas Fritas. Ou encore imaginer qu’il a été conçu lors d’une jam session
improvisée entre The White Stripes et Weezer, avec Manhattan en arrière-plan.