On a déjà dit, ailleurs, dans ce magazine, et plutôt deux fois qu'une, tout le bien que l'on pensait de Matmos, à l'écoute notamment de leurs deux premiers opus. Tout ceci ne fait que se confirmer avec ce troisième album, qui les voit collaborer avec David "Aerial M" Pajo : sur The West, les sons se font plus immédiats. Normal, Matmos se penche ici sur une hybridation de ses pérégrinations expérimentales avec des instruments nettement plus traditionnels et, surtout, utilisés, joués d'une manière plutôt "classique". De fait, on est ici dans des territoires beaucoup plus rockisants que dans les autres oeuvres du groupe et l'on se doute bien que la participation de David Pajo n'y est pas pour rien. Ses contributions sont ainsi habilement travaillées, décomposées et serties par Matmos. Ramenée à la discographie du groupe, la fusion particulière proposée par The West ressemble bien à une digression, en forme d'appendice singulier, nettement plus calme, plus reposé qu'à l'habitude. Formellement, tout tourne autour du morceau-titre, The West, pièce maîtresse de l'album, qui durant vingt minutes fait le tour complet de la musique électronique, depuis la musique concrète jusqu'aux fractures rythmiques technoïdes ou post-rockeuses, en passant par des relectures déphasées d'un folklore américain quasi-hillbilly. En résumé, comme dirait l'autre : Go west !