Rencontré un beau jour de printemps, Michel est le genre de type sans histoires sachant bien les raconter et dont la compagnie nous plaît sans qu'on sache tout à fait pourquoi. Petit-fils de Souchon, correspondant parisien de Moreno Veloso, Michel a un papa répondant au nom rigolo de Mathieu Boogaerts, dont les grands enfants dégingandés (Super, J'En Ai Marre D' être Deux, 2000) nous accompagnent depuis dix ans déjà (pour le premier). Anniversaire en forme de nouvel album, donc! En décidant d'enregistrer un à un chacun des instruments (orgue, batterie, basse et enfin guitare acoustique) au studio Ferber, le Mathieu-le-plus-recommandable-de-la-chanson-d'ici a accompli son ouvrage le plus discret à ce jour. Entre chanson délurée et rythmes reggae/bossa sous-Lexomil, Michel est décidément trop bien interprété pour qu'on y colle une fois encore l'étiquette minimaliste. Et s'il s'agit manifestement ici d'Une Bonne Nouvelle énoncée sur le ton de la confidence, notre homme n'atteint pas le niveau de son très recommandable prédécesseur. Car à trop chanter l'absurde au creux de l'oreille, Boogaerts finit parfois par s'oublier lui-même, et c'est comme s'il s'absentait de son propre disque et quittait son auditoire sur la pointe des pieds... Mais où est passé Mathieu? La participation de Renaud Letang à la réalisation, comme d'habitude impeccable de sobriété, est pour beaucoup dans ce sentiment d'intimité.