Mark Van Hoen, grand ordonnateur de Locust et étroit collaborateur de Seefeel à travers leur projet commun Scala, incarne plus que tout autre les balbutiements d'une musique plus tard appelée "post rock", quand, vers 92-94, celle-ci se mêlait encore d'électronique à forte coloration ambient. Une musique épurée, atonale, traversée de réverbérations et de nappes embrumées enveloppant des bribes de voix. Malheureusement, sur cet album, il ne se passe pas grand-chose dans cette musique. C'est que, depuis, beaucoup d'autres sont passés, ajoutant à l'apparent calme blanc d'infimes détails de production, manipulations sonores au danger lointain, qui ont eu le mérite d'animer et de faire évoluer ce genre musical légèrement statique. Et, à l'instar d'Orbital, Underworld et consorts pour la techno de stade, Mark Van Hoen, même s'il a su rester humble (non-succès aidant), semble figé dans cette époque bénie (93) où il était de l'avant-garde, lui qui sonne aujourd'hui aussi daté que My Bloody Valentine, la magie mélodique en moins.