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Stranger Things de Marc Almond

chronique d'album
Pourquoi croire que certains chiffres portent malheur, alors que le treizième album de Marc Almond, qui sort chez... XIII Bis Records, est peut-être son meilleur ? Stranger Things, pur disque de crooner, pourrait être la bande originale imaginaire d'un James Bond décadent. Saturé d'atmosphères noires et romantiques, drapé d'arrangements de velours, l'écrin parfait pour la voix expressionniste de l'ex-Soft Cell. La production de l'Islandais Johann Johanson fusionne avec classe sonorités électroniques et textures orchestrales organiques, empruntant aux grands génies de la musique de films, de Nino Rota à John Barry en passant par l'exotisme d'un Martin Denny. Cela donne douze titres qui évoluent entre l'érotisme suintant et baroque des bas-fonds nocturnes qu'Almond affectionne, et une interprétation en haute altitude, dramatique sans être grandiloquente, théâtrale sans être cabotine. Le disque démarre sur Glorius, hymne enjoué, électronique et astral, pour s'achever sur Fur, salacement synthétique. Entre les deux, un déluge de cordes et de cuivres, de boucles et de claviers, avec, comme points d'orgue, un Tantalise Me de velours sombre, un hommage façon cabaret fin de siècle à la Greco (Moon Bath Skin) et une incursion dans la soul légère avec Lights. La duplicité du personnage de Marc Almond, trublion déjanté autant que dandy charmeur, en fait plus que jamais l'un des compositeurs- interprètes les plus attachants d'outre-Manche.
Gilles Duhem
MAGIC RPM  #52
article extrait de :
MAGIC RPM #52 Commander ce numéro


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