A Brighter Beat ? Le disque idéal, tombé au bon moment ! Pour la troisième fois consécutive, Malcolm Middleton vient de coucher sur bandes un pur régal de pop punk dépressive, troublant miroir de nos chamboulements les plus intimes. L'enjeu était de taille, et il fallait bien tout le talent du songwriter écossais pour nous consoler (un peu) de la fermeture définitive de la maison mère Arab Strap... Les inconditionnels de Into The Woods (2005) dont nous sommes trouveront là de quoi passer les saisons froides en excellente compagnie, Middleton incarnant le genre d'ami cabossé avec qui l'on rêverait de vider un bar pour se réchauffer. Et s'il n'est pas le plus grand chanteur qui soit, il compte en revanche parmi les plus émotifs, le poids de ses paroles compensant la justesse parfois approximative de son chant. De plus en plus accrocheuses dans leurs formes, ses chansons conservent en filigrane cette poisse mâtinée de chagrin identifiable entre mille. Beau comme du New Order joué à la mauvaise vitesse, We're All Going To Die donne le ton à ceux qui imaginaient une issue heureuse à l'écoute de Somebody Loves You ou du très joli duo Fight Like The Night. Tout ça pour mieux revenir aux nuits blanches solitaires et à la batterie d'antidépresseurs qui vont de pair sur Up Late At Night Again où un orgue électrique, une pluie de cuivres et de cordes apprennent aux Pastels comment sonner soul et lysergique à la fois. Ailleurs, de six-cordes aux arpèges savants en martèlement punk frénétique (Death Love Depression Love Death), notre clown triste donne sa vision d'un GRAND disque de guitares, que l'on situera quelque part entre John Fahey, The Ramones et Mogwai. C'est d'ailleurs au studio de ces derniers, le bien nommé Castle Of Doom, sous la houlette de Tony Doogan et en compagnie de Barry Burns (Mogwai toujours), Jenny Reeve (Reindeer Section), Paul Savage (Delgados) et Mick Cooke (Belle & Sebastian) que cette merveille a vu le jour. Ou, comme dirait l'autre, le malheur des uns fait le bonheur des autres.