Après une série de singles (dont un remix commis par Super ESP alias Casey Rice), Make Up livre un nouvel album son quatrième et ne déçoit nullement. Malgré l'enregistrement studio, tout ici fleure bon la continuité artistique : mêmes sons de guitares et d'orgues trouvés dans une brocante organisée par les Cramps et Pussy Galore, même rengaine post-politique, confectionnée à partir de bribes pseudo-post-marxistes et manifeste d'une même volonté acharnée : celle de faire du gospel. Mais, pensez-vous tout haut, aucun rapport entre Make Up et les Staple Singers... Aucun ? pas sûr... Car, après tout, le gospel, ce sont aussi les riffs ravageurs de Destroy All Monsters (74-76), le free-jazz décrassé de l'Art Ensemble, les sermons épileptiques de Moodymann, la communion instrumentale de Tortoise, le minimalisme spiritualiste de Spacemen 3... Toutes ces choses qui ont métamorphosé la forme et la formulation du gospel, faisant d'un genre quelque peu suranné, une esthétique de vie musicale. "Do You Like Gospel Music ?" chante Make-Up, quelque part entre un Time Machine, mélancolique à souhait et un Black Wire décalqué du MC 5. "Gospel ? Yeh Yeh !", répondent en choeur les masses endoctrinées et, enfin, épanouies et libérées. A écouter en regardant un documentaire muet mêlant Arthur Lee, Les Demoiselles De Rochefort et Deux Ou Trois Choses Que Je sais D'elle. Classique.