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Gun's Don't Kill People... Lazers Do de Major Lazer

chronique d'album
C'est l'été. Comme chaque année, tu bosses alors que tout le monde est en vacances, et ton short est en feu. Les barbecues du week-end ne suffisent plus, il faut que tu secoues ce corps négligé qui te démange. Le soleil appelle la danse depuis toujours. Heureusement pour toi, une paire de généreux Dj’s et producteurs t'offre à point nommé la dose de beats sous-développés dont tu as besoin. Elle est pas belle, la vie sans initiative ? Tu connais déjà tes bienfaiteurs : Thomas Wesley Pentz, alias Diplo, génie du balancement moite de Philadelphie, et Dave Taylor, alias Switch, abeille butineuse de la scène hip hop londonienne.

Sous couvert du patronyme Major Lazer et son univers de comics sous acides, ces deux braconniers de la musique chaudasse mondiale sont partis en vacances à l'épicentre (la Jamaïque, quoi d'autre ?) enregistrer avec leurs potes treize pièces de black music dépravée certifiée 2009. Si le maintien de ton standing indie te détourne généralement du dancehall, ragga, crunk, funk carioca et reggaetón, c'est le moment ou jamais de prendre ta déculottée. En l'occurrence, une simple question de lâcher prise. Pour pointu et audacieux qu'il soit, Guns Don't Kill People… Lazers Do est surtout un infernal torrent de stupre musical, une suite de secousses érectiles qui ne demande aucune initiation. Alors, laisse-toi glisser en diagonale sur le parquet, débranche ton juke-box livide et avale le groove vrombissant des ghettos. L'odeur d'herbe brûlante emplit ton thorax, le sang déferle dans tes tempes. Miracle, tu ne te souviens déjà plus de ton emploi du temps.
Michael Patin
MAGIC RPM  #134


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