On ignore
toujours les raisons qui nous ont poussé à une certaine lassitude envers les
disques de Jason Molina. Peut-être simplement la certitude qu’avec Magnolia Electric Co. (2003) et son corollaire
traumatisant Pyramid Electric Co.
(2004), édité en vinyle et postulant toujours au titre des plus grands albums
de mise en abime de tous les temps, l’homme était parvenu à son sommet, après
des années de tâtonnement. Alors, oui, nous fûmes un peu indifférent à ses enregistrements
suivants, le laissant heureux de pratiquer simplement un rock classique de
haute volée.
Que l’on retrouve, non sans déplaisir, au début de cette nouvelle livraison – la fausse nonchalance de Shenandohah ou Whip-Poor-Will, tout en apesanteur. Si le début du disque n’est qu’aimablement élégant, la suite est absolument impériale. Car Molina et ses sbires ont toujours eu le chic pour placer leurs pièces maîtresses au moment où on s’y attendait le moins. En septième plage, Hope Dies Last éclaire le passage, laissant la place à la noirceur de Little Sad Eyes, qui trace sa route sous la direction d’un clavier fantomatique avant de succomber à un solo d’une mesure et d’une concision appréciable.
Puis Map Of The Falling Sky nous fait à nouveau chanceler d’admiration, d’un rythme quasiment tribal (on dirait The Cure période Pornography joué par The Band) à son émotion contenue. C’est le sommet de l’album. En point presque final, Shiloh témoigne de la propension de Magnolia Electric Co. à maîtriser à la fois l’affliction et l’apaisement. Josephine replace donc Magnolia Electric Co. dans les dignes représentants d’une grande musique américaine, à la fois douloureuse et réconfortante.
Que l’on retrouve, non sans déplaisir, au début de cette nouvelle livraison – la fausse nonchalance de Shenandohah ou Whip-Poor-Will, tout en apesanteur. Si le début du disque n’est qu’aimablement élégant, la suite est absolument impériale. Car Molina et ses sbires ont toujours eu le chic pour placer leurs pièces maîtresses au moment où on s’y attendait le moins. En septième plage, Hope Dies Last éclaire le passage, laissant la place à la noirceur de Little Sad Eyes, qui trace sa route sous la direction d’un clavier fantomatique avant de succomber à un solo d’une mesure et d’une concision appréciable.
Puis Map Of The Falling Sky nous fait à nouveau chanceler d’admiration, d’un rythme quasiment tribal (on dirait The Cure période Pornography joué par The Band) à son émotion contenue. C’est le sommet de l’album. En point presque final, Shiloh témoigne de la propension de Magnolia Electric Co. à maîtriser à la fois l’affliction et l’apaisement. Josephine replace donc Magnolia Electric Co. dans les dignes représentants d’une grande musique américaine, à la fois douloureuse et réconfortante.
1 réaction réagir
Bien d'accord avec l'article. Pour ma part j'aime tous ses disques, et c'est vrai qu'après une certaine apogée, ce Josephine m'a dans ses premiers titres un peu laissé froid. Et d'un coup ça se révèle, comme toujours, et on se dit que Jason restera toujours ce grand songwriter.