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Premières impressions - 11/08/10 de Magic Kids

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Quoi de neuf sous le soleil de Californie Memphis ? Depuis l'entêtant single Hey Boy (2009) – croisement idéal entre l'entrain spectorien d'I Do des Beach Boys et l'innocence xylophonée de Here Comes My Baby de Cat Stevens (celui d'avant la barbe) – on tremblait d'impatience en attendant la suite des aventures discographiques de ces gamins magiques. Voici, quelques jours avant sa sortie à la fin du mois, nos premières impressions sur leur album inaugural sobrement intitulé Memphis, qui sonne comme un des évènements majeurs de cette rentrée 2010. Au passage, les Magic Kids seront en concert le 19 octobre au Point Éphémère. [Par Sébastien Jenvrin].



A l'époque, il avait suffit d'un titre pour en faire, en compagnie des potes Smith Westerns (avec qui ils sortirent d’ailleurs un split single via Fat Possum), un de nos chouchous prometteurs pour cette année 2010. Comme les deux derniers rejetons d'une famille qui n'en finit plus de grandir, on leur imaginait alors un avenir aussi flamboyant que celui du grand frère Girls. Depuis, le temps a fait son labeur, et on redoutait secrètement le coup de la panne artistique qui touche tant de formations actuelles et vous laisse en plan après un tube (cf. le camarade de label Rainbow Bridge, au hasard). Alors quoi, un hit et tu dégages ? Pas pour ces gosses-là, qui prouvent avec Memphis qu'ils ont plus d'un Dragibus dans leur banane.

Après avoir fait dérater leurs mélodies à toute berzingue avec les hymnes pour bénis de la crèche Hey Boy et Superball, autant de réminiscences d'un âge ingrat de la pop, Magic Kids a d'abord surpris il y a quelques mois en dévoilant un autre morceau extrait de Memphis. Là où les deux titres suscités fleurent bon l'insouciance d’une jeunesse éternelle, Summer marqua un premier tournant vers des horizons plus maussades. Comme un vilain nuage gris pointant le bout de son nez dans le ciel estival, la bluette calma les ardeurs en distillant une pointe de mélancolie (si, si). Et c'est tant mieux. Car ladite chanson confirmait au passage les beaux élans de crooner du chanteur, qui fait vriller son organe comme du carambar eloustic.

Né sur les cendres d'une formation lo-fi baptisée The Barbaras, Magic Kids a dû progressivement arrondir les angles, épaissir les strates mélodiques et rajouter du miel dans les compositions. Résultat, au niveau des arrangements, Memphis est marqué de bout en bout par des cascades de cordes à foison, des couches de cuivres en veux-tu en voilà, et des liserés de claviers. L’ensemble évoquant sans fard l'éternel wall of sound de Phil Spector, dans un sens tout de fois plus traditionnaliste que le récent ouvrage de The Morning Benders cela dit. Et quand ça s'arrête de claironner à tue-tête, c'est pour évoquer le génial Van Dyke Parks et ses structures sonores alambiquées (Phone, Candy).

De prime abord, les plus belles surprises surgissent pendant la seconde moitié de l'album, une fois le gros du stock de sucreries écoulé, pile avant l'indigestion (la guimauve Hideout). Où le groupe se révèle artisan hors pair d'une power pop sans faille. Grâce à une certaine simplicité dans les arrangements, Magic Kids gagne en limpidité, faisant montre d'un sens évident de la mélodie. Comme un écho moderne aux merveilles du regretté Alex Chilton, ou tel un Elliott Smith qui se serait mis au Guronsan (Skateland, Sailing). Déboule alors Little Red Radio, autre tube incontestable qui lorgne méchamment du côté de The Tyde, le surf en moins (y'a pas de vague à Memphis !). L'embardée doo-wop Cry With Me Baby clôt ce premier essai sur une ultime incursion vers la béatitude des glorieuses sixties.

Sauf que Memphis ne se résume pas à un banal coup d’œil dans le rétroviseur pop. Evitant l'écueil de la nostalgie la plus ronflante, ces jouvenceaux prouvent en onze titres que certaines choses ne meurent jamais, ou du moins, qu’elles ne doivent en aucun cas tomber dans l'oubli... Voilà exactement ce que ces jeunes gens braillent avec ferveur tout au long du disque : Memphis comme un long râle d'innocence beuglé à la tronche du temps qui passe. Vu comme ça, nous sommes tous des magic kids.

Sébastien Jenvrin


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