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C'est mon choix de Magic Arm

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Architecte le jour, musicien la nuit, Mark Rigelsford s’y connaît quelque peu en échafaudages sonores. Le bricoleur solitaire de Magic Arm cisèle ses joyeusetés folk dans des matériaus de seconde main et autres instruments délaissés. Déjà dans notre top 5, son premier album Make Lists Do Something reflète le caractère minutieux d’un laborantin doué, ascendant alchimiste.



Première expérience musicale ?
C’était probablement à l’arrière de la voiture des parents, sur la route des vacances : ma sœur et moi écoutions l’unique cassette de mon père, Band On The Run des Wings. Depuis ce jour-là, j’ai toujours eu un faible pour Paul McCartney et ses mélodies résonnent toujours en moi. Mes parents possédaient dix albums en tout et pour tout :  Kinks, Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, quelques Billy Joel… Ils ont tous fait mon éducation musicale.

Premier instrument joué ?
Une guitare, qu’on m’a offerte pour mes dix-huit ans. Eh oui, j’ai commencé assez tard ! Avec mes potes, on avait décidé de former un groupe en découvrant Sonic Youth, alors chacun s’était procuré un instrument. Mais il n’y a jamais eu ne serait-ce qu’une seule répèt’ ! (Rires.) J’ai été le seul à persister et à apprendre à maîtriser mon instrument pour de vrai. J’ai fini par former Escape Pod, le temps de sortir trois singles chez Rex Records. Et puis un jour, un ami d’enfance m’a commandité des chansons pour habiller un court-métrage adorable appelé Dog Years. J’avais composé des instrumentaux et comme il fallait bien un nom pour les crédits, j’ai trouvé Magic Arm. C’est resté !

Daft Punk ou post-punk ?
Post-punk ! Quand j’avais dix-huit ans, il y a eu une certaine résurgence de toute cette scène, que j’ai reçue avec beaucoup de plaisir. En revanche ma reprise de Daft Punk Is Playing At My House de LCD Soundsystem est plus accidentelle. Une amie m’avait demandé ce que je pensais de cette chanson et j’avais été bien embêté de lui dire que je ne la connaissais pas. Je courtisais la fille en question, donc je me suis dit qu’en faire une reprise pouvait me permettre d’arriver à mes fins. (Rires.) Un technique de drague comme une autre, quoi. Sauf que ça a marché !

Largeurs ou hauteurs ?
Largeurs, car j’ai le vertige ! Je peux monter sur une échelle mais je proscris les tours et prendre l’avion me semble souvent insurmontable. Quand j’ai composé la chanson Widths And Heights, j’écoutais beaucoup The Go! Team, dont j’appréciais l’énergie, la fraîcheur du son et l’impact rythmique. Cela m’a donné envie d’écrire un morceau un peu plus entraînant, et c’est ainsi qu’il est né, en un temps record.

Cash Converters ou eBay ?
Cash Converters ! Je leur dois 80% de mes instruments : mes synthés, ma boîte à rythmes, plusieurs claviers, percussions et micros. Je vivais dans une petite ville sans véritable héritage musical, donc j’étais presque le seul à acheter ces instruments qui n’intéressaient personne, pour une bouchée de pain. J’ai trouvé un synthé analogique Yamaha de 1979 pour quatre-vingt livres : inimaginable. Pendant quelques mois, je n’arrivais pas à sortir la moindre note. Depuis, il a forgé une grande partie de mon identité sonore.

Le plus délicieux plaisir coupable de ta collection de disques ?
Il y en a tant… J’ai un 33 tours de True de Spandau Ballet caché quelque part. Cela reste un très bon disque à mes yeux, que j’ai beaucoup écouté pendant mes années formatrices. Je le passe souvent en soirée : c’est chouette de pouvoir jouer des chansons jolies et sincères comme ça.

De la musique pour errer dans les rues de Manchester ?
Pas la mienne, en tout cas. (Rires.) Peut-être Snowbeast de Luke Temple que j’ai écouté non-stop quand j’enregistrais l’album. Mais je ne sais pas si le choix est particulièrement judicieux pour Manchester… Je n’ai aucune fascination particulière pour son glorieux passé musical. Quand j’ai déménagé ici, au milieu des années 90, la Haçienda avait déjà fermé ses portes. En tout cas c’est une ville remplie de gens passionnés, géniale pour faire de la musique. Le seul groupe du cru que j’aime vraiment c’est 10cc. J’ai enregistré enregistré mon album juste en face de l’endroit où ils avaient installé leur studio. Oui, je sais c’est naze. (Rires.)

Dernier disque acheté ? 
Un disque moderne tu veux dire ? Quelle tannée… Ah non, j’ai acheté le single de Grizzly Bear, Two Weeks. J’adore les deux albums précédents, mais j’ai l’impression que celui-ci va être un peu plus… euh… logique. Et frais.

Estelle Chardac
MAGIC RPM  #133


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