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Alone In The Dark
archive mag mars 1996
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Depuis quelques années déjà, plusieurs personnages du monde de la techno se sont mis en tête d'occuper le trône immense et délirant laissé vacant par Prince. De toute évidence, ce challenge n'est pas à la portée du premier venu, et à ce petit jeu, les plus crédibles, et peut-être les deux grands rivaux des années futures, sont Cajmere et le très productif Felix Da Housecat. On retrouve ainsi Felix, flanqué de deux acolytes, sur ce Alone In The Dark. Sa patte est immédiatement identifiable : une house soyeuse, basse émouvante, voix sensuelle et caressante, petites mélodies naïves jouées au Bontempi. Cependant, alors qu'on ne peut nier à Felix un feeling et un groove typiquement black, force est de constater que tout cela reste un peu unidimensionnel et timide face aux monstrueuses divagations de Prince, mais aussi de Cajmere, dont les dernières productions laissent entrevoir un esprit autrement plus dérangé et diabolique que notre gentil Housecat. Ainsi, on a ici le sentiment que Felix n'a retenu de Prince que l'aspect glucose, soleil couchant sur une plage de Las Vegas. Et malgré une indéniable douceur de l'interprétation, qui rappelle parfois les grands AR Kane, tout ceci tourne un peu à la recette, sans baisse de régime, mais sans réel coup d'éclat non plus. Pour une approche plus vicieuse et excitante de l'héritage Princier, mieux vaut donc se tourner vers Cajmere et son extraordinaire Green Velvet, dont le Flash totalement décadent aura été sans conteste l'une des plus belles montées d'adrénaline de l'an passé.
Fabrice Desprez
article extrait de :
MAGIC RPM #7
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