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Transistor Radio
archive mag février 2005
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Dans un monde musical formaté où beaucoup trimballent leurs références comme des boulets, nombreux sont encore ceux dont la musique ne ressemble à rien d'autre qu'à eux-mêmes. Matt Ward est de cette espèce, tête chercheuse libre et humble, convoyeur de chansons très singulières, camouflées sous les atours de la country et du folk. On peut toujours citer pour repères des cousins germains (Giant Sand, Howe Gelb, etc.), on n'en saura pas beaucoup plus sur l'étrange lumière que dégage la musique de M Ward. Moins abouti que Transfiguration Of Vincent, ce quatrième Lp offre néanmoins une flânerie apaisante en territoire ami. Il y a d'abord ce jeu de guitare chaleureux, qui permet à Ward d'ouvrir Transistor Radio sur une reprise instrumentale d'un classique des Beach Boys, You Still Believe In Me, métamorphosé en complainte de western. C'est après que notre ami américain largue les amarres. Sa voix fantomatique survole une guitare vrombissante sur Sweetheart On Parade, beau titre qu'on jurerait inachevé. Cet art de l'esquisse, de l'inabouti, touche profondément dans ces chansons souvent courtes, parfois sans voix. Pour autant, Matt n'a pas fait l'économie de moments quasi pop, comme Big Boat V.3 (piano martelé et choeurs samplés) ou HiFi V.2 et son refrain aérien où la voix se perd dans l'espace. Il y a aussi des morceaux de country hors d'âge comme Fuel For Fire et son violon échappé d'un vieux transistor. L'album s'achève comme il avait commencé, par une variation folk sur un classique inattendu, un prélude au Clavier Bien Tempéré de Bach. Étonnant, non ?
Vincent Théval
article extrait de :
MAGIC RPM #87
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