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End Of Amnesia

archive mag mai 2001
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L'un des événements musicaux les plus remarquables de ce début de millénaire est certainement l'avènement de deux grands courants musicaux distincts, les acousticiens à guitares en bois d'un côté et les électroniciens à ordinateurs de l'autre (bien entendu, on pourra changer cet ordonnancement selon ses propres affinités). Soit deux familles a priori antinomiques qui, curieusement, enregistrent, dans le fond, peu ou prou les mêmes disques. Ainsi, le propos de Labradford ne semble guère éloigné de celui de Sparklehorse, les instruments utilisés par ceux-ci n'ayant, dans cette histoire, d'intérêt que pour les grands classificateurs de musique. Alors, pour ceux-là, précisons que M. Ward se situe effectivement du côté des gratteurs (jusqu'à l'os), de ceux qui laissent glisser doigts et bottleneck sur les cordes forcément sensibles de leur guitare. Pour les autres, force est de reconnaître qu'on retrouve sur End Of Amnesia ce même dépouillement qui nous fait, justement, tant aimer les deux Mark, Nelson et Linkous. End Of Amnesia, second album en forme de songe d'une nuit d'été, fut conçu comme dans un rêve, choisissant la plus nocturne des intimités pour abriter ses mélodies tranquilles. La recette du gars Matt, loin d'être un échec, use d'ingrédients éprouvés (guitare, donc, piano, xylophone et batterie) pour dresser son couvert et faire de lui un hôte des plus accueillants. Quelque peu monotone sur la longueur, la country folk du jeune Américain, jouée à un rythme effrontément lent, vous accompagnera ainsi jusqu'à la chambre, faisant écho à vos rêves les plus doux.

Renaud Paulik

magazine num 51 article extrait de :
MAGIC RPM #51


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