M. Ward est un type écœurant. Transfiguration Of
Vincent (2003) et Transistor Radio (2005),
ses deux précédents efforts, l’avaient vu placer la barre très haute, confirmant
à plus d’un titre son statut de plus beau fleuron du songwriting à l’américaine.
Discret chantre de la culture musicale de son pays, il s’y amusait avec une
aisance déconcertante à passer en revue sa large palette de styles, entre blues
rural, folk pastoral, ballades de cabaret et électricité retenue. Son jeu de
guitare émerveillait, preuve que virtuosité ne rime pas toujours avec vacuité,
et son chant tutoyait bien souvent les étoiles. Post-War
débute aujourd’hui sur le merveilleux Poison Cup. Une
chanson d’amour baignée de sang et de frustration, deux minutes trente qui
laissent l’auditeur littéralement assommé d’émotion. La suite confirme cette
stupéfiante entrée en matière, Matt Ward est toujours aussi à son aise pour
absorber les genres pour les faire sien. La chanson Post-War
est, par exemple, une belle ballade douce et chaleureuse. Plus homogène et
accessible que ses disques passés, dans son instrumentation et comme dans sa
production, ce nouveau chef-d’œuvre de l’Américain pourrait bien lui offrir la
consécration que son talent immense mérite.