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Arular

archive mag avril 2005
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La voici enfin. La jeune toasteuse qu'on nous présente depuis quelque mois comme la Missy Elliott de Londres fait irruption sur les ghettoblasters avec son premier album, Arular. Sur le papier (à rouler), il y a de quoi affoler les médias. L'association hors norme de cette Anglo-Sri-Lankaise avec deux anciennes icônes britpop, Justine Frischmann (Elastica) et Steve Mackey (Pulp... mais faut-il le rappeler?), promettait en effet de belles surprises. D'autant que cette malicieuse jeune fille de vingt-huit ans, trendy jusqu'au bout de ses combinaisons fluo, présente à la fois un minois aguicheur et un timbre de voix mutin calibré pour les dancefloors. On y ajoutera la caution crédibilité de sa filiation avec un révolutionnaire engagé auprès des Tigres tamouls (ledit Arular), et une enfance difficile émaillée de racisme quotidien, pour parfaire le portrait contrasté d'une rebelle sophistiquée. Seulement ses intentions artistiques sont loin d'être à la hauteur de ce passé haut en couleurs. Si elle offre une belle imitation de son aînée Missy côté samples (Fire Fire) et mimiques (Amazon), la belle maîtrise moins son flow, ne jugeant pas utile de l'engager sur une piste plus mélodique, peut-être par peur de perdre en efficacité ce qu'elle gagnerait pourtant en subtilité. Poussive et atonale, la dénommée Maya peine à transcender son potentiel pourtant évident, pas franchement aidée par des clichés de compositions empesées. À tel point qu'on entend parfois une parodie, tendance Ali G au féminin, de celle qu'elle voudrait (et pourrait) être. D'ailleurs, dès qu'elle s'essaye timidement au chant sur Sunshowers, l'affaire prend une tout autre tournure. Mais ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on dansera la M.I.A.

ESTELLE CHARDAC

magazine num 89 article extrait de :
MAGIC RPM #89


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