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Youth Novels de Lykke Li

chronique d'album
Elle est mimi, Lykke Li. Suédoise de vingt-deux ans, curieuse et voyageuse, mutine tendance anxieuse, elle est la nouvelle princesse blanche de la blogosphère. Depuis qu'elle a commencé à faire son trou, gare à ceux qui ne tombent pas immédiatement sous le charme : la nation indie est sans pitié pour ce genre d'impertinence. Et, en effet, à moins de prendre la mauvaise foi pour sacerdoce (ce qui n'est pas la pire des options), on doit reconnaître que la demoiselle sait trousser des mélodies attachantes, parfois addictives.

Produit par Bjorn Yttling (sans ses acolytes Peter et John) et la girouette Lasse Martén (Shout Out Louds, euh Céline Dion), son premier album rafraîchit comme la glace d'un blue lagoon, accueille et caresse comme la fourrure d'un ours blanc. Débutant dans un mouchoir de poche electronica (Melodies & Desires), ces Youth Novels prennent progressivement de l'ampleur, oscillant intelligemment entre artisanat acoustique et science exacte du minimalisme dance.

On en veut pour preuve les réussites que sont Dance, Dance, Dance, Hanging High, Breaking It Up, I'm Good, I'm Gone et le single Little Bit. Groove de pygmée et nappes cinéphiles, pop ligne claire et tropicalisme à parka, difficile de ne pas se laisser prendre dans le prisme de cette piste enchantée. Et il y a cette voix de petite fille fragile, qui se faufile au cœur sans accrocher les muqueuses. Délicate, émotive et frigide, c'est un idéal de minauderie contrôlée, un fantasme pour actrice rêvant de virginité. Lykke Li ne parle jamais trop fort et ne pète pas à table, et elle est déjà votre meilleure amie.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #124


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