La petite princesse suédoise de la pop moderne électronique a pris du temps pour donner une suite à l’acclamé Youth Novels (2008). D’abord patiemment peaufinées en solitaire, ces onze chansons ont survécu à de longues séances en studio qui ont mis à rude épreuve les nerfs de la fidèle équipe entourant Lykke Li depuis ses débuts, à commencer par ceux du producteur Bjorn Yttling. Est-ce en réaction que le garçon a, pour le nouveau Peter Bjorn And John, joué la carte d’un rock spontané couché sur bandes en deux coups de cuillère à pot ? On lui demandera à l’occasion. En attendant, on peut saluer la belle tenue de Wounded Rhymes, d’un niveau nettement plus homogène que son prédécesseur, gonflé à bloc de mélodies emballantes, passées au tamis d’une instrumentation résolument organique. Bien dans son époque, la jeune femme dit s’être inspirée des trouvailles d’Alan Lomax mais aussi de la collection Éthiopiques pour tout miser sur les percussions, les orgues et le chant choral et obtenir un son brut et enveloppant.
Scandées en rythme sur cet enchevêtrement percussif, Youth Knows No Pain et I Follow Rivers ouvrent les hostilités avec une efficacité redoutable. L’heureuse surprise attend au tournant : la formule fonctionne aussi sur les midtempo, avec le somptueux Love Out Of Lust, à la fois martial et romantique. Les chansons les plus réussies sont celles qui tournent au ralenti et jouent sur le velours râpeux d’une voix magnifique (I Know Places). Le chant de la suédoise a gagné en densité et s’épanouit pleinement sur la sublime Unrequited Love, blues décharné transformé en doo-wop désenchanté, ou la troublante ballade Sadness Is A Blessing et ses paroles inoubliables : “Sadness is my boyfriend/Oh sadness I’m your girl”. Pas encore tout à fait engloutie dans les eaux sombres de la mélancolie, Lykke Li concentre une énergie brutale sur des morceaux étonnamment rêches (Rich Kid Blues et son orgue incantatoire), voire étonnamment tubesques (Jerome). Au-delà d’une première impression de rouleau compresseur tribal, Wounded Ryhmes témoigne d’une démarche opiniâtre, un mouvement inattendu vers d’autres paysages, un peu plus sauvages.
> Retrouvez Lykke Li en interview.
Scandées en rythme sur cet enchevêtrement percussif, Youth Knows No Pain et I Follow Rivers ouvrent les hostilités avec une efficacité redoutable. L’heureuse surprise attend au tournant : la formule fonctionne aussi sur les midtempo, avec le somptueux Love Out Of Lust, à la fois martial et romantique. Les chansons les plus réussies sont celles qui tournent au ralenti et jouent sur le velours râpeux d’une voix magnifique (I Know Places). Le chant de la suédoise a gagné en densité et s’épanouit pleinement sur la sublime Unrequited Love, blues décharné transformé en doo-wop désenchanté, ou la troublante ballade Sadness Is A Blessing et ses paroles inoubliables : “Sadness is my boyfriend/Oh sadness I’m your girl”. Pas encore tout à fait engloutie dans les eaux sombres de la mélancolie, Lykke Li concentre une énergie brutale sur des morceaux étonnamment rêches (Rich Kid Blues et son orgue incantatoire), voire étonnamment tubesques (Jerome). Au-delà d’une première impression de rouleau compresseur tribal, Wounded Ryhmes témoigne d’une démarche opiniâtre, un mouvement inattendu vers d’autres paysages, un peu plus sauvages.
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