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Cette compilation est embarrassante. D'un côté, l'idée de rendre hommage à l'un des groupes anglais les plus intrigants de la dernière décennie, qui n'ont jamais réussi à transformer sur la durée d'un album toute la sensiblerie et l'énergie que renfermaient leurs éblouissants singles (les trois premiers formant une trilogie intouchable réunie dans l'indispensable Gala). Et de l'autre, l'idée que 4AD se fiche de nous et des futurs fans de Lush. En effet, Ciao! ne réunit aucune rareté, se contentant bêtement d'enchaîner dans un ordre décroissant les morceaux les plus connus des trois Lp's, ce qui est un véritable encouragement à la piraterie via Napster. Ainsi, ce moyen est-il le seul pour entendre l'excellente reprise de Chirpy Chirpy des Middle of The Road, Rupert The Bear d'après la célèbre série TV, le puissant remix de Sweetness & Light par My Bloody Valentine, les trois versions de Stray par le Drum Club, le Spooky mix d'Undertow... Et que dire de cette reprise de Sunday Girl de Blondie en version française lors d'une mémorable Black Session, circa 94 ! Alors, certes, vous pourrez vous consoler en redécouvrant ce single post-Elastica, le très brit pop Ladykillers, Ciao! en duo avec Jarvis Cocker de Pulp et, surtout, De-Luxe, résumant à la perfection ce son lushien, enfantin et aérien. Les voix de Miki Berenyi et Emma Anderson redonnaient une seconde jeunesse à la new wave finissante, en y intégrant des harmonies intemporelles à la Byrds alors que les guitares se partageaient entre mur du son "shoegazien" et arpèges "sixtisant". Du travail d'orfèvre, donc. Procurez-vous donc Gala et Lovelife, le dernier album de Lush et allez-vous balader sur la toile faire votre propre compilation de raretés plutôt que d'acheter celle-ci indigne de ce label que nous avons connu moins cupide. Ciao Bella ?
Philippe Morrison
MAGIC RPM  #50
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