C'est peut-être cela le plus beau dans l'Amérique. Cette capacité à engendrer de vrais originaux, des types ou des femmes qui débarquent un jour, avec leur passé propre, et dont la voix ne ressemble à aucun(e) autre. C'est le cas de Luke Temple, qui est né dans le Massachussetts avant de jouer les hobos aux quatre coins du pays, avec un passage obligé à New York City sur les traces de Dylan, Gil Evans ou Stevie Wonder, mais aussi Paul Simon. Hold A Match For A Gasoline World, son premier album, lui vaudra évidemment son lot de comparaisons avec Elliott Smith, dont il partage le talent pour la pop song à la fois alambiquée et incroyablement accrocheuse. L'essentiel du disque se construit autour du délicat guitar picking de Luke Temple, avec des arrangements de cordes, d'instruments à vent et de claviers romantiques et comme sortis du brouillard. Une production faussement surannée, qui donne au disque une vraie force introspective. Il faut dire que Hold A Match For A Gasoline World est produit par Troy Tietjen, dont on croise la patte chez les meilleurs (The Decemberists, The Shins, Death Cab For Cutie ou encore Daniel Johnston).