Pas à une contradiction près, Luke Haines revient donc cette année sous son propre nom avec, en avant-goût à la sortie imminente de son premier album solo, cette bande-son en forme d'exercice de style. Pas vache, on oubliera rapidement qu'à ses débuts, cet éternel râleur s'était promis de ne jamais apparaître sous sa propre identité, comble de la mégalomanie selon ses dires de l'époque. Sacré Luke ! Quid de cette BO, donc ? Dans la droite lignée de How I Learned To Love The Bootboys, Haines poursuit, en catimini et sous couvert de différents projets, son travail de critique acerbe et pointu de la musique populaire de son pays. Ce coup-ci, après les années 80, il s'attaque à la disco et se fend oh ! surprise en fin de parcours d'une tentative discoïde aussi peu crédible que pourtant relativement réussie. Enfin, aussi réussie que peut l'être la voix de Luke Haines sur... un beat house ! Pour le reste, passées les plages instrumentales illustratives élégantes, quelques pépites glam pop bolaniennes vénéneuses, sa spécialité, viennent faire le lien avec le passé. Cette BO récréative a en tout cas le mérite de laisser à son auteur (et à l'auditeur) les plaisirs de figures libres irréalisables ailleurs, comme une reprise à rallonge d'un titre de Nick Lowe (I Love The Sound Of Breaking Glass) ou encore les chants sacrés d'une chorale en extase (In The Bleak Midwinter). Saint Luke ? Pas si sûr...