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It Will Shine de Loyola

chronique d'album
Certains labels ont adopté des préceptes aisément séduisants, tels les disques Saravah et l'intemporel "il y a des années où l'on a envie de ne rien faire". Herzfeld s'est choisi "The Sound Of Young Alsace" et l'on se dit que ces gars-là doivent être sûrs de leur affaire. Effectivement, l'album de Loyola est la quatrième sortie, une fois encore remarquable, de ce jeune label. On peut estimer qu'Herzfeld est le fruit de l'association de deux structures défuntes, Antimatière et Vergo, qui auront essuyé les plâtres afin de permettre aujourd'hui la réalisation d'un sans-faute. L'évidence pluridisciplinaire de ses membres explique aussi la cohérence des publications, quand leur expérience sur la longueur coupe le spectre de la redite à la racine. Au sein de Loyola, Thomas Walter (alias T.) et Vincent Robert (croisé chez Buggy et Lauter) épaulent le dénommé Spide (Pierre Walter, le cousin dudit Thomas). Comme du Bedhead plus ouvertement rural, le folk caverneux de Loyola est résolument éploré. Un peu moins rustique que Lauter et plus soucieuse d'un format pop, sa mélancolie sèche se déploie dans la lenteur et la prédisposition à une science de l'arrangement bancal. La batterie cimente un chant aux abois, capable d'une volte-face élancée avec les morceaux Song Of Fear et Show Up, à mi-parcours de l'album. On se dit qu'au-delà de la comparaison avec Herman Düne, Loyola pourrait même écrire cette chanson qu'on a cessé d'attendre de la part d'Interpol. Comme son titre l'indique, et un peu à la manière de On The Beach (1974) de Neil Young, la mélancolie à l'oeuvre sur ce disque fonctionne comme un adieu à la tristesse, et non comme le constat d'un glissement irrépressible et malheureux. Pour ceux qui cherchent une alternative à I Love You But I've Chosen Darkness...
JULIEN WELTER
MAGIC RPM  #100


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