Louise Vertigo aime s'acoquiner avec les producteurs électroniques français raisonnablement pointus : Chris The French Kiss, Zend Avesta, Bang Bang ou Kid Loco sur son premier album (en 1998, chez Yellow Productions). Comme elle a rejoint Musiques Hybrides depuis, les patrons du label, Olaf Hund et Léonard de Léonard, se retrouvent aux commandes de quelques chansons, où l'on croise également Roudoudou, Rubin Steiner, Kid Loco ou encore le Norvégien Bacuzzi. Ils lui ont concocté des ritournelles digitales allant de la légèreté insouciante (Aspire, Danse Encore) à l'atmosphérique gentiment planouillant (Tellement, Paradis) en passant par des formes plus libres (Blue Lagoon). Louise se dit marquée par le blues, mais le chant est plutôt jazzy (pas jazz, jazzy), et tire même parfois dangereusement du côté Liane Foly avant lifting. Quand ça se passe mieux, on aborde le registre vocal plus flatteur de Mona Soyoc. Malheureusement, les textes au penchant vaguement surréaliste manquent encore trop de densité par rapport à leurs ambitions. C'est dommage parce qu'il y a à la fois de l'espièglerie et un désespoir latents chez Louise Vertigo, combinaison potentiellement explosive mais délicate à manier sans se brûler les doigts. Rubin Steiner est son meilleur catalyseur (Les Chacals, faussement allègre). Ailleurs, la réaction chimique, visant à créer un nouveau composé dérivé de la chanson au sens classique du terme, n'arrive jamais à son résultat.