Un vaste mouvement de réappropriation binaire des patronymes historiques serait-il en gestation? Après Franz Ferdinand, Écossais de Glasgow, voici Louis XIV, Américains de San Diego. Pour brouiller un peu mieux les pistes, la diction pseudo-aristocratique de Jason Hill sonne plus british qu'américaine. Enfin, ce disque aux influences garage 60's évidentes (surtout The Kinks), commence par des échauffements de quatuor à cordes, alors que la pochette indique un goût plus licencieux. Bien sûr, on savait Louis XIV, le vrai, amateur de jolies femmes de toutes extractions. Voilà pourtant l'un des disques de rock'n'roll les plus notables de l'année, à l'arrogance affichée et à l'humour décalé. Jason Hill, chanteur-guitariste-pianiste-producteur, a d'évidence une personnalité expansive et originale, avec son chant déclamatoire qui affiche une apparente "supériorité" et marque instantanément l'oreille. Remarqué sur la foi d'un album et de trois Ep's autoproduits, dont une partie des titres se retrouve ici, Louis XIV combine des riffs simples et hautement efficaces avec quelques travaux d'arrangements et de production qui en font bien plus qu'un énième combo de bûcherons. Parfois à la limite de la gaudriole, Louis XIV est un groupe beaucoup plus subtil qu'il ne le laisse paraître. On s'incline même devant tant d'intelligence stratégique.