Enfin ! Depuis le temps que la bonne ville de Sheffield tardait à nous offrir un autre groupe que Pulp... D'accord, il y a bien eu Moloko ou Baby Bird mais il est question ici de l'équation de groupe réunissant basse, batterie, guitare(s) avec chanteur. Enfin ! Cela faisait longtemps que personne n'avait tenté de nous refourguer le riff de Sweet Jane. Au moins depuis... les Blue Aeroplanes ! Les premières parties de Supergrass, Shed Seven ou Cast n'auront pas été vaines. Dommage que sur ce premier album, l'intro d'un morceau fasse irrésistiblement penser à Phil Collins (On & On) ou que les guitares s'emballent parfois dans le pire style Bertignac. C'est que chasser, même avec succès, sur les terres de Radiohead (Over Our Bodies, Lost Myself) ne s'improvise pas. Il faut avoir écouté les glorieux anciens (U2, Pixies, Cure, voire Echo & The Bunnymen) jusqu'à plus soif. Si besoin est, ne pas hésiter à utiliser la mythologie "rockandrollesque" (Elvis, Sally Dances mais aussi, la fin justifiant les moyens, Jesus Christ) comme le font les Longpigs. Lesquels en profitent pour se dédoubler jusqu'à se prendre pour Suede à la place de Brett Anderson et sa bande (She Said, toujours, Happy Again). Le moment est plutôt bien choisi, tout comme le culot qui consiste à réutiliser l'amorce de About A Girl de Nirvana pour Sally Dances. Mais c'est le recyclage éhonté du I Know You Well de Shack sur Far qui emporte l'adhésion. Ces cochons-là, bien qu'encore un peu tendres, ont déjà du goût.