Biographie
On lui attribue une plume emplie de poésie et de spiritualité, une musique sincère et passionnée, un romantisme sensé que le lettré Lloyd Cole a les capacités d’endosser. Après vingt années de carrière en solitaire, l’Anglais peut célébrer en 2009 ses noces de porcelaine avec la musique en offrant l’anthologie Cleaning Out The Ashtrays. Deux décennies qui débute là où s’arrête une première carrière collégiale retentissante. Avec ses Commotions, quatre compères d’université rencontrés à Glasgow, Lloyd Cole expérimente à grande échelle les effets de la belle envoûteuse via le tonitruant Rattlesnakes (1984), considéré ici et là comme l’un des meilleurs albums de ces cinquante dernières années. Le tubesque Perfect Skin capte à merveille l’air du temps et s’immerge en pleine vague eighties. L’année suivante, Easy Pieces confirme ce statut de groupe en vogue, la chanson Last Weekend faisant le lit de leur nouveau succès. Mais les Britanniques déchantent et sortent en 1987 un opus plus mélancolique, Mainstream, qui annonce le déclin. Le chanteur se sépare des Commotions deux ans plus tard, et entame sa carrière solo. Seul avec la dulcinée sonore, Lloyd Cole, réinstallé à New York, s’acoquine avec Robert Quine et Fred Maher pour sortir son premier essai éponyme en 1990. Sa voix de crooner et ses textes sensiblement littéraires séduisent toujours son public. Les réjouissances persistent jusqu’à la sortie du symphonique Don’t Get Weird On Me Babe (1991) pour finalement disparaître avec Bad Vibes en 1993. Un album intrus dans sa discographie, dont la pop élancée se résume ici à un timbre noyé dans un fatras electro. Première véritable crise, peut-être nécessaire pour trouver enfin sa voie. À force de sorties mésestimées, la décennie suivante verra ainsi Lloyd Cole endosser peu à peu le costume taillé sur mesure du déclamateur folk rock aux compositions subtiles. Une exigence artistique et une authenticité qui ne l’aideront cependant jamais à retrouver le succès des débuts. En 2009, Lloyd Cole sort donc Cleaning Out The Ashtrays, un coffret en quatre volumes contenant l’intégralité de ses démos, faces B et autres versions inédites. Un bilan, mais pas une rupture. Les unions les plus intenses sont intemporelles, et celle qui unit l’élégant Lloyd Cole à la musique le sera aussi.
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