Cinq ans de réflexion : c'est le délai qu'il aura fallu à l'ex-icône 80's, ci-devant pourvoyeur de bandes-son pour pubs hi-fi (rappelez-vous : Forest Fire, formidable !) pour revenir dans le monde des vivants. Retour réussi puisque The Negatives reprend le cours de l'histoire là où Love Story l'avait abandonné. Débarrassé de ses prétentions prog-symphoniques (Don't Get Weird On Me, Babe) ou de ses rêves de cuir pour bikers (Bad Vibes), Lloyd Cole s'appuie sur les quelques éléments simples qui sont à la base de ses plus grandes réussites : une voix immédiatement identifiable, un groupe sans génie mais dévoué à son leader et quelques chansons soignées. C'est principalement par la qualité de ces compositions que The Negatives séduit immanquablement. On retrouve, sur les six premiers titres, le charme des ballades introspectives et boisées d'antan, leur beauté tranquille et sans commotions. C'est vrai, la quarantaine aidant, le souffle de l'inspiration se fait ensuite plus court et, même avec l'aide de Stephen Street, Lloyd Cole peine à tenir le rythme initial jusqu'au bout de l'album. Mais ne seraient-ce que pour ces Impossible Girl ou No More Love Songs intemporels, on retirera de The Negatives un bilan globalement positif.