Lorsque Lloyd Cole, le plus new-yorkais des dandys anglais, est revenu l'an passé sur le devant de la scène avec son album The Negatives, produit par Stephen Street, il laissait entendre qu'il avait en réserve dans le flycase de sa guitare acoustique de nombreuses nouvelles compositions. En effet, entre 1996 et 2000, l'auteur des mythiques Forest Fire, Are You Ready Be Heartbroken, Perfect Skin et autres Lost Weekend autant arrêter là cette suite tubesque de titres radiophoniques à faire pâlir les jeunes pousses de Coldplay ou Travis n'a pour ainsi dire pas chômé. Il le prouve de la plus belle des façons sur le bien nommé Etc. On entre tout en douceur donc dans cette collection de quatorze fines perles par l'instrumental Backwoods. Le mélancolique beau brun pose d'emblée sa marque de fabrique avec ses arpèges cristallins. Il tire ensuite un portrait de ses erreurs de jeunesse avec Old Enough To Know Better. Un bien joli repenti. Another Lover se pose en réponse à son Like Lovers Do de 1995. Nous sommes en terres familières. L'être cher est parti, la boîte de Kleenex se vide à mesure que les notes défilent sur la partition. Pour se remettre de ses peines de coeur, il se réfugie alors dans l'oeuvre de ses modèles historiques Karen Black (Memphis) et Bob Dylan (You're A Big Girl Now). Ici, le folk perd son aspect hippie, il préfère désormais les doux velours aux rêches patchworks. Lloyd Cole reste pour l'éternité un des meilleurs brodeurs d'ourlets sur mouchoirs. Aux larmes Etc.