En kiosque actuellement Commander

Antidepressant de Lloyd Cole

chronique d'album
N'en déplaise à ses détracteurs, trop prompts à l'enterrer suite à deux échecs relatifs remontant déjà à plus de dix ans (la moitié de Don't Get Weird On Me Babe et surtout Bad Vibes), Lloyd Cole a su, depuis le milieu des années 90, gravir sereinement et patiemment une pente ascendante qui culmine aujourd'hui avec Antidepressant, tout simplement l'un des sommets d'une oeuvre pourtant dense en succès artistiques. Deux ans après la réédition luxueuse de Rattlesnakes et la brève reformation des Commotions, aucun des onze nouveaux titres ici présentés ne peut pâlir de la comparaison avec ses glorieux aînés. Assumant sans aucun complexe sa fascination pour un songwriting épuré et classique, de plus en plus solide sur ses bases anglo-américaines, Cole se fait tour à tour chroniqueur de ses propres états d'âme (NYC Sunshine, How Wrong Can You Be?), et observateur pertinent des individus et des lieux qui lui sont désormais familiers (Woman In A Bar, Antidepressant), sans la moindre trace de ce verbiage ou de cette complaisance qui lui ont si souvent été reprochés à ses débuts, uniquement parce qu'il avait eu le malheur de citer trois noms propres sur son premier album. Capable de faire surgir des cordes de sa guitare ou des touches d'un piano les mélodies les plus évidemment célestes, parfois enrobées de quelques arrangements délicatement boisés, Lloyd entremêle, avec un soin qu'on apprécie davantage encore au fil des écoutes, les fils d'une écriture qui semble devenir de plus en plus limpides avec le passage du temps, à la fois directe et pudique. Un de ces trop rares disques qui, pour le coup, donne presque envie de vieillir plus vite.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #104


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser