La Norvège de Lindstrøm serait un paradis lointain, préservé des avanies de la culture électronique de ces trente-cinq dernières années, au même titre que la Finlande de Jori Hulkkonen. Bigre ! Le garçon aurait donc patiemment élaboré son irrésistible disco instrumentale et crypto-italienne sans être influencé par des sorties intempestives en clubs et la lecture des magazines spécialisés, alignant au fil des années des maxis-vinyles de référence aujourd'hui collectés sur ce Cd. Il n'en a pas moins emprunté le plus sûr et le plus habituel des chemins qui mènent à la reconnaissance : une série de remixes pour G-Stone et Wall Of Sound (bien !), puis !K7 et DFA (oui !), enfin Franz Ferdinand chez Domino (champagne !). On ne peut donc pas parler de génération spontanée, quand les productions des labels Baby et Casablanca ont dû échouer dans un stock de la Croix Rouge en Norvège, où la maman de Lindstrøm en a fait l'acquisition. Ce qui n'ôte rien à l'efficacité de ces grooves obscènes, passés sans coup férir de Guido & Maurizio, de Angelis à Maurizio tout court et soucieux d'inclure une instrumentation traditionnellement 70's entre deux beats. Pour les productions électroniques, tout se joue de toute façon au mastering, et il est ici particulièrement puissant. Priapique mais candide, ce disque n'aspire à rien d'autre qu'à accompagner votre esprit quand vous siroterez un Martini en regardant Goodbye Emmanuelle (1977) ou filerez sur YouTube dégoter la fameuse vidéo des voeux aux Français d'Anne-Aymone et Valéry Giscard d'Estaing. Profitez-en.