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Life Is Sweet! Nice To Meet You de Lightspeed Champion

chronique d'album
Décidément, Devonté Hynes est bel et bien un sacré plaisantin ! Après nous avoir révélé ses talents de manière éclatante, en 2008, avec un premier album sur la pochette duquel il arborait une tenue bariolée et clownesque, le voici qui revient cette fois déguisé en Ben Harper, guitare acoustique à la main, coiffé d’un chapeau de cow-boy, posant dans un cadre désertique qui laisse un instant craindre que l’ex-Test Icicles nous annonce déjà un tournant vers la rigueur ou un grand plan d’austérité. L’hypothèse ne résiste bienheureusement pas plus de quelques instants à l’épreuve des faits et des chansons. Le temps pour Dead Head Blues d’éclore à la vitesse de la lumière, et pour Hynes de conclure cette première ballade acoustique et mélancolique en une apothéose multicolore de guitares orgastiques que n’aurait pas reniées Brian May.

Et même si l’effet de surprise s’est forcément estompé depuis deux ans, la capacité de Lightspeed Champion à faire s’entrechoquer, brillamment et sans dissonance, les références les plus hétéroclites tout en affichant une joyeuse indifférence devant les canons du bon goût ne cesse d’impressionner. Très vite, le single Marlene conforte ce sentiment d’euphorie en profitant pleinement d’une collision soigneusement organisée entre le riff de piano de Our House (Madness) et d’un refrain éclatant à la Dexys Midnight Runners. Pour la première fois, le plus romantique des geeks à lunettes nous donnerait presque envie de danser. Plus encore que les deux interludes instrumentaux, amusants mais anecdotiques, où que les nouvelles chroniques du désespoir amoureux (Romart, I Don’t Want To Wake Up Alone) qui apparaissent comme de simples prolongements de Falling Off The Lavender Bridge (2008), ce sont bien les quelques titres les plus enjoués et les plus dynamiques (Madame Van Damme, Sweetheart) qui entretiennent ensuite l’enthousiasme.

Un sentiment dominant uniquement tempéré par quelques outrances vocales au cours desquelles Hynes semblent vouloir concurrencer Rufus Wainwright ou Matthew Bellamy (Muse) en surlignant les émotions à coup de trémolos superflus, ce qui, dans un contexte musical déjà chargé, revient un peu à tremper sa galette des rois dans le saindoux ! À cette réserve près, la vie en compagnie de Lightspeed Champion continue d’être bien douce. Et son avenir s’annonce toujours aussi radieux.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #139


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lapointe - 19/03/2010 14:51
Excellent disque, supérieur au premier : http://lamusiqueapapa.blogspot.com/2010/03/lightspeed-champion-life-is-sweet-nice.html