Biographie
Début d'une nouvelle décennie (et d'un nouveau siècle) et pleine vague baby-rock parisienne. Vaguelette légère qui ne se caractérise en fin de compte pas par un renouveau du genre ou des sonorités nouvelles, mais plutôt par le triplé “adolescents-parisiens-rockeurs”. Le rock intéresse à nouveau (enfin ?) les ados français. Dans un climat de dite électricité donc, Les Shades (en hommage direct et discret au nom du premier groupe de Lou Reed) déboulent, en blanc tâche de candeur. Victor, Hugo, Etienne, Harry et Benjamin le leader multiplient les concerts dans les sous-sols de bars, jusqu’au passage classique par la Flèche d'or et autres évidences parigotes. 2006 : une compilation, Paris Calling, regroupe ces espoirs (Second Sex, les Naast, les Brats ...) et offre deux compos des Shades : l'enjoué Like I'm Man et L'Enfant Prodige. La suite de l'histoire est connue. Et surtout, la rencontre déterminante avec Bertrand Burgalat, qui voit en ces cinq jeunes gens le visage concret de ce qu'il n'espérait peut-être plus : la grâce juvénile, des recherches mélodiques, des compositions raffinées. Autant d’atouts que l’on retrouve sur le premier album, Le Meurtre De Vénus : odeurs sixties dans l'air, attractions au synthé, et voix filtrée – ensemble moins garage, donc plus sophistiqué que les autres formations citées en amont. Même si leur premier 45 tours s'intitulait Le Temps Presse, Les Shades ont eu l’intelligence de prendre leur mal en patience. On a senti rapidement chez eux la volonté de se démarquer de leurs camarades pour écarter, par la même, les médisances et/ou les préjugés, et ne pas être assimilés à un simple courant de mode, un simple courant d'air qui leur claquerait des portes. Espérons que le blanc continue de tourner en leur faveur.