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Il n'aura fallu qu'une petite poignée de maxis (forcément des collectors) pour que le duo Lemon Jelly, composé par Fred Deakin et Nick Franglen, s'installe au panthéon des électro-magiciens psychédéliques. À l'écoute de leur premier véritable long format, il est à parier que lorsqu'ils étaient gamins, les deux amis préféraient nettement plus s'amuser avec une boîte du parfait petit chimiste qu'à courir derrière un ballon. De fait, Lost Horizons se révèle en merveilleux cocktail aussi étonnant que détonant. Chaque note est sujette à de multiples expérimentations. Dans les tubes à essai, les deux laborantins séparent les Elements organiques (cornet, trompette) des concentrés informatiques (rythmiques endiablées et addictives). Entre les boucles synthétiques aériennes et les arpèges cristallins de guitare acoustique (Space Walk), les instrumentations de la paire subliment le réel. On se surprend à danser la tête à l'envers. La journée du Ramblin' Man est somme toute bien remplie. Après sept minutes de vol en business class, il effectue un exotique Return To Patagonia. Si jusqu'à présent, cette sublime région méridionale de l'Argentine avait pour ambassadeur l'hirsute Florent Pagny, voilà qu'elle vient de se trouver un sincère défenseur avec Lemon Jelly. L'air est chargé, mais l'orage ne parviendra pas à balayer la moiteur ambiante qui s'étend sur ces Lost Horizons. Le monde de Lemon Jelly est bel et bien joli. Trop ?
Jean-Noël Dastugue
MAGIC RPM  #66
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