Avons-nous affaire à trois singles compilés ou à un album au titre tarabiscoté ? On en saura rien. Toujours est-il que Lemon Jelly, nouvelle signature d'un label qui abrite aussi bien Prodigy que Leila, tient déjà quelques promesses. Et possède un semblant de don pour ce qui est de définir une ambiance. Ami du funk et de la house filtrée passe ton chemin, amateur de moments calme au milieu de la ville l'après-midi, pose-toi dans un de ces confortables fauteuils clubs. Lemon Jelly a quelques points communs avec notre Kid Loco national, une certaine légèreté, parfois une inclinai
son vers les vastes prairies des musiques de films américains. Mais le groupe ne possède pas encore assez de vice pour nous laisser aller aux siestes crapuleuses. Même en plein air. S'il y a du Bacharach, du John Barry et du Lalo Schiffrin là-dessous, on aurait préféré une pointe d'exotisme vénéneux, plus de laisser-aller, en un mot : plus de sexe ! De cette uniformité naît un sentiment de repos, de sérénité, de plénitude. Pas un hasard si le premier morceau s'intitule In The Bath. Sous les apparences de la modernité pointe quelque chose d'universel, bucolique et très souple. Les musiques d'ameublement ont parfois du bon.