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Deux thèmes marquent d'emblée l'évident et saisissant quatrième album de Leila, prêtresse électronique que l'on ne présente plus : immédiateté du geste et lâcher prise. Entre silences et vrombissements, désaccords et complaintes entêtantes – le tout enchaîné sans réelle ligne conductrice sinon l'honnêteté artistique –, U&I dévoile davantage que ses prédécesseurs la part sauvage, froide et quasi impétueuse de son auteur. Une face encore méconnue jusque-là, que le producteur berlinois Mount Sims a parfaitement su attiser et révéler. Les deux artistes, entiers et singuliers, chacun très admiratif du travail de l'autre, se rencontrent un soir de 2009. Comme frappés par une décharge démentielle et incontrôlée, ils se pressent alors de créer à quatre mains.



Sans complaisance ni retenue permise, la collaboration devra être brutale et éreintante pour espérer tendre vers l'authenticité. C'est du moins ce que l'auditeur croît déceler via les treize et troublantes pistes offertes. À l'image de la pochette – le crash violent et irrémédiable d'un ordinateur –, le tout semble devoir s'être construit dans la sincérité de l'instant, le direct, sans retour arrière possible. De fait, U&I s'est véritablement dessiné dans l'urgence. Dans un va-et-vient spontané entre deux âmes hâtées d'expulser une inventivité bouillonnante. Comme s’ils se devaient de créer ici et maintenant. De peur de se voir dessaisir d’une inspiration parfois fourbe, de peur de passer à côté d’une possible révélation. Comme si, à certains instants, leur estime en dépendait. Atypique et difficilement classable, usant parce qu'exigeant sans cesse l'affranchissement, U&I scelle le mariage complice et émancipateur de deux électrons libres. En espérant que le divorce n'arrive jamais.
Marion Lecointre
MAGIC RPM  #158


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