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For Every Solution There's A Problem de Lee Hazlewood

chronique d'album
Oublié, négligé, ringardisé : on sait dans quelle scandaleuse indifférence Lee Hazlewood a dû passer une bonne partie de son existence, entre le début des 70's et le milieu des 80's. Cas presque unique dans l'Histoire de la pop, cet artiste à la fois richissime et maudit n'a dû sa réhabilitation méritée et tardive qu'à l'intérêt porté à ses oeuvres par une nouvelle génération d'artistes, plus lucides que leurs prédécesseurs. La conséquence la plus louable, et de loin, de cette démarche salutaire entreprise par Tindersticks, Alpha et consorts, a été de relancer le programme trop longtemps différé d'exhumation des oeuvres originales. Après les six albums remarquables réédités par Steve Shelley sur son propre label, Smells Like Records, voici naturellement venu le temps des inédits et des raretés. Tous enregistrés en compagnie du fidèle Al Casey au cours des vingt-cinq dernières années, les onze morceaux ici réunis sont autant de maquettes qui devaient être proposées par les éditeurs d'Hazlewood à des interprètes potentiels. Réunies pour la première fois, elles composent un ensemble moins hétéroclite qu'on aurait pu le craindre. La cohérence dans le dépouillement des instrumentations vient ainsi pallier les discontinuités dues aux ruptures chronologiques. On y retrouve donc le don inouï d'Hazlewood pour aligner sans faiblir les plus sublimement tordues des ballades pour cow-boys mal léchés, sans se départir d'un sens de l'humour tout personnel, comme en témoigne, par exemple, le refrain de Dolly Parton's Guitar. Au total, cette série de brouillons trop vite tombés dans la corbeille trouve aisément sa place dans les discographies d'Hazlewood, toutes près de Cowboy In Sweden et autres Requiem For An Almost Lady. C'est-à-dire très haut.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #63
article extrait de :
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