Réhabilitations, hommages et autres rééditions : Lee Hazlewood a toujours semblé accueillir les innombrables motifs d'autosatisfaction qui se sont accumulés depuis une dizaine d'années avec une certaine distance teintée d'ironie, voire de je-m'en-foutisme. Une attitude qui contribue sans doute à la classe incontestable du personnage et à sa légende de vieil outlaw, mais qui ne fait pas forcément d'excellents albums (cf. le précédent avec son copain Al Casey). Cake Or Death se présente comme l'ultime étape de ce voyage, le générique de fin d'une carrière longue de plus de quatre décennies, Hazlewood ayant émis le voeu de retourner dès 2007 goûter les joies d'une retraite bien méritée. Enregistré en toute décontraction, ce qui devrait apparaître comme son chant du cygne présente malheureusement de fâcheuses ressemblances avec la danse des canards. Si Sacrifice et It's Nothing To Me, les deux seuls morceaux dotés d'arrangements dignes de ce nom, constituent une épitaphe discographique honorable, on ne peut en dire autant de la plupart des autres titres qui alternent le froid et le tiède. Les reprises dispensables de These Boots Are Made For Walking et Some Velvet Morning, même en compagnie de sa petite fille, suscitent forcément de désagréables tentations de comparaisons avec les originaux. Please Come From Boston laisse entrevoir les prémisses d'une jolie ballade country avant de se faire plomber par un refrain de dix tonnes. Et que dire de cette déconcertante pantalonnade valsée en hommage au père de la psychanalyse (Fred Freud) ou d'Anthem, confession politique d'un intérêt, comment dire, limité (Lee Hazlewood vote démocrate, pour ceux que l'incertitude taraudait) ? Bref, pour le meilleur et pour le pire, Cake Or Death ressemble à un vrai pot de départ : les petits fours ne sont pas tous mangeables, mais on reste quand même pour boire un coup et pour écouter les discours fleuves. Par politesse et surtout en souvenir des années passées.