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À chaque nouvelle sortie, les poulains de l'écurie strasbourgeoise Herzfeld ne cessent de nous éblouir par la simplicité, l'intelligence et l'originalité de leurs enregistrements. Et l’attachant premier album de Little Red Lauter ne déroge pas à cette merveilleuse règle. Comme quoi, l'économie de moyens est bien la mère de l'invention… Dans le cas présent, Boris Kholmayer (alias Lauter) s'est entièrement mis au service des chansons de Claire Deribreux (alias Little Red), offrant à celle-ci contre-chant vocal, contrepoint électrique et science guitaristique du picking. S'il est indiscutable que le propos de Slow Down tourne autour d'une certaine idée du folk, l'album n'a cependant rien d'une régurgitation linéaire, rétrofuturiste ou nostalgique. On assiste plutôt à la réappropriation de ce que le genre a offert de mieux depuis une quarantaine d'années, de Songs Of Green Pheasant (Rotten Brain) à Elysian Fields (Cast By An Angel), en passant par les œuvres des sœurs McGarrigle (How Much), de John Mayall (Avocado Freak) et du Jefferson Airplane (Not An Option, Faces). Que les ballades soient fragiles et délicates – leurs arpèges couverts de rosée et nimbés de brume matinale –, ou plus vives, tout est ici affaire de subtil contraste, entre douceur et corrosion. La joyeuseté ou la sérénité des motifs mélodiques, vont le plus souvent à contresens des textes écrits (et chantés) dans un anglais impeccable par une demoiselle qui trempe volontiers sa plume dans le vinaigre, voire le vitriol (les anglophiles vont se régaler). Cerise sur le gâteau, une chaleureuse et minutieuse prise de son qui donne la divine impression que Little Red Lauter a débarqué dans votre salon, présentant l'immense avantage, de pouvoir renouveler la rencontre à l'envi, en appuyant tout simplement sur la touche play du lecteur. Ralentissez et appréciez.
Marc Gourdon
MAGIC RPM  #131


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