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A Creature I Don’t Know de Laura Marling

chronique d'album
Confortée par une jolie cote d’amour outre-Manche, Laura Marling poursuit un chemin relativement courageux, de plus en plus éloignée du milieu de la route où le succès de son premier album (Alas, I Cannot Swim, 2008) aurait pu la conduire. Enregistré dans la foulée de l’excellent I Speak Because I Can (2010), ce troisième essai en reprend les principaux traits, un peu plus appuyés encore : gravité et dépouillement, déterrage à mains nues de racines folk qui doivent beaucoup à un couple mythique : Bob Dylan et Joan Baez. Le phrasé du premier (Salinas) et la densité cristalline de la seconde (Night After Night, All My Rage).

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La jeune femme s’en tient souvent à une austérité acoustique un peu intimidante, voire inquiétante quand l’électricité gronde (The Beast), mais parvient à étourdir avec peu de choses, sur les  belles My Friends (saccades de banjo, violoncelle, chœurs), The Muse (batterie et piano en souplesse) ou la somptueuse I Was Just A Card, aux tonalités très soul. Surtout, avec Don’t Ask Me Why, Laura Marling a écrit une chanson aux allures de classique intemporel, une ballade folk à la mélodie puissante et aux paroles opaques et saisissantes (“I choose to stay far away 
from the ones that think
money is money to share/Don't ask me why
and I'll tell you no lies”), poème à l’empathie noire et sans retour : “Those of us who are lost and low/I know how you feel/I know it's not right but it's real”. La tristesse, pour de vrai.
Vincent Théval
MAGIC RPM  #156


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