À en croire les membres éminents de la faculté de
médecine, le laudanum, dérivé du pavot et cousin de l’opium, est utilisé dans
la pharmacopée classique pour ses propriétés somnifères et analgésiques. Depuis
bientôt treize ans qu’il officie par intermittence sous ce pseudonyme, Matthieu
Malon n’a pourtant jamais provoqué la moindre somnolence. Que l’on se réfère à
ce troisième album ou à l’imposante série de quatre-vingt morceaux rares ou
inédits qu’il vient gracieusement de mettre en ligne sur son site personnel, sa
musique ne soulage pas non plus véritablement la douleur et les
tourments : elle les condense brillamment pour parvenir à les sublimer.
Empreinte d’une bouleversante humanité, elle confère toujours une âme au chant
des machines électroniques ou aux cris des cordes saturées.
Entre rock noisy et pulsations électroniques, la mélancolie suinte toujours avec la même tension. La présence plus marquée de la voix et des guitares pourrait laisser croire à une rupture avec ses deux précédents opus. Pourtant, c’est un sentiment de continuité qui domine ici, dans ces clairs-obscurs fendus par quelques mélodies bien senties (Dead Champions), au travers de ces références constantes et parfaitement digérées aux quelques maîtres revendiqués par l’artiste : The Cure en général et Pornography (1982) en particulier ; New Order, que l’on croise au détour d’une ligne de basse qui résonne comme un clin d’œil complice (Dopamin) ou encore Arab Strap, sur les premiers couplets de We Are Not An Open Book, avant que les cuivres de Poney Club n’entraîne le morceau vers d’autres altitudes. Pour toutes ces qualités tout à fait stimulantes, il convient donc de recommander, sans crainte de l’overdose, une consommation immodérée de ces Decades prodigieuses.
Entre rock noisy et pulsations électroniques, la mélancolie suinte toujours avec la même tension. La présence plus marquée de la voix et des guitares pourrait laisser croire à une rupture avec ses deux précédents opus. Pourtant, c’est un sentiment de continuité qui domine ici, dans ces clairs-obscurs fendus par quelques mélodies bien senties (Dead Champions), au travers de ces références constantes et parfaitement digérées aux quelques maîtres revendiqués par l’artiste : The Cure en général et Pornography (1982) en particulier ; New Order, que l’on croise au détour d’une ligne de basse qui résonne comme un clin d’œil complice (Dopamin) ou encore Arab Strap, sur les premiers couplets de We Are Not An Open Book, avant que les cuivres de Poney Club n’entraîne le morceau vers d’autres altitudes. Pour toutes ces qualités tout à fait stimulantes, il convient donc de recommander, sans crainte de l’overdose, une consommation immodérée de ces Decades prodigieuses.