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Is A Woman

archive mag février 2002
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La voix de Kurt Wagner a toujours tendu vers le moins. En revisitant l'idiome soul sur Nixon, elle avait montré ses limites pour atteindre parfois le niveau d'un feulement convaincu, d'une brise apeurée qui se serait voulue festive... Sur Is A Woman, c'est la musique elle-même qui disparaît presque, ne gardant que les éléments les plus singuliers et rêches. Cela doit être le piano omniprésent qui donne cette illusion de dénuement. En ne gardant que la moelle, Wagner et sa troupe donnent dans l'illusion. C'est que pour savourer cette anémie (décevante à la première écoute), il va falloir creuser, plonger dans une eau faussement claire, se noyer dans le limon d'un disque en apesanteur pour y dénicher une fois de plus les merveilleuses chansons auxquelles Lambchop nous a habitués depuis Jack's Tulips en 1994. Et s'il n'a plus cette allure singulière de fanfare (il faut entendre ce groupe sur scène pour comprendre convenablement le sens des mots ascension et groupe), les questions affluent. Comment passer d'Hank Williams ou de John Denver à Brian Eno ? Que faire pour revenir aux sources de la musique américaine ? Peut-être faut-il prendre le soin de dissimuler ses racines sous une certaine forme de subtilité. En tout cas, ces questions ne semblent plus concerner Lambchop, formation embarquée dans un périple de plus en plus sinueux. Faudra-t-il considérer chacun de ses disques comme une réaction au précédent ? Rien ne bouge en définitive, et les Nashvilliens viennent encore de nous surprendre, mais à pas feutrés. On oublie trop souvent qu'en milieu rural, les rivières charrient leur pesant d'or. Et que sur une des deux rives, Kurt Wagner, enfin chercheur d'or à plein temps, chante des chansons tristes et réconfortantes.

Étienne Greib

magazine num 58 article extrait de :
MAGIC RPM #58


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