La recette pour
réaliser un chef-d'œuvre indie américain est à nouveau déclinée par un jeune
homme au talent débordant. Comme Beck, Calvin Johnson, Ariel Pink et bon nombre
d'anti-héros des années 90, Kurt Vile – évidemment à ne pas confondre avec le
compositeur allemand Kurt Weill – a tout compris de l'art et de la manière de
tromper les symptômes musicaux, de recycler les genres pour en tirer son propre
style. Une fois n'est pas coutume, c'est Matador qui a flairé le cou de génie
(il était temps !) et offert à cet album enregistré à la maison et cousu main
les moyens de la renommée. Dans la droite lignée de ses premiers
enregistrements, Constant Hitmaker (2008) et God Is Saying This To You (2009), le prodige de Philadelphie propose ici une nouvelle collection
de chansons rock et folk brouillant les repaires temporels.
Du rock seventies dévoyé donc, à l'image de l'excellente mise en bouche Hunchback ; un folk aérien et minimaliste qui réinvente les canons de l'americana sur Overnite Religion, un galopant Freak Train qui marie le tout sur une rythmique kraut et un saxophone free inattendu. Chanteur à la moue vocale sexy, merveilleux guitariste, songwriter prolifique, malin et faussement à côté des modes, Kurt Vile ne manque de rien pour devenir le nouveau messie pop lo-fi tant attendu. Au moment où le rock’n’roll à papa est devenu l'un des stigmates du mauvais goût, l’intéressé prouve qu'il est possible transcender ces clichés avec élégance et humour, et une bonne dose de talent. Demeure toutefois un mystère : que fait notre modeste génie dans la (jusqu'ici) médiocre formation The War On Drugs qui se fourvoie dans les mêmes stéréotypes que Kurt Vile se plaît à détourner ?
Du rock seventies dévoyé donc, à l'image de l'excellente mise en bouche Hunchback ; un folk aérien et minimaliste qui réinvente les canons de l'americana sur Overnite Religion, un galopant Freak Train qui marie le tout sur une rythmique kraut et un saxophone free inattendu. Chanteur à la moue vocale sexy, merveilleux guitariste, songwriter prolifique, malin et faussement à côté des modes, Kurt Vile ne manque de rien pour devenir le nouveau messie pop lo-fi tant attendu. Au moment où le rock’n’roll à papa est devenu l'un des stigmates du mauvais goût, l’intéressé prouve qu'il est possible transcender ces clichés avec élégance et humour, et une bonne dose de talent. Demeure toutefois un mystère : que fait notre modeste génie dans la (jusqu'ici) médiocre formation The War On Drugs qui se fourvoie dans les mêmes stéréotypes que Kurt Vile se plaît à détourner ?
2 réactions réagir
Et oui Jojo ! Car si les chansons de mon chouchou ne sont sorties que dans la décennie suivante, une bonne moitié d'entre elles date de la fin des années 90.
Ariel Pink, les années 90... c'est c'là oui....