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Coded Language de Krust

chronique d'album
L'un des chefs de file de la scène jungle de Bristol, après s'être rôdé sur l'album de Reprazent aux côtés de son pote Roni Size, se lance en solo avec ce Coded Language impressionnant. Toujours sur Talkin' Loud, Krust démontre que la drum'n'bass a peut-être un avenir. Loin des productions actuelles, il élabore un style où la jungle n'est plus appréhendée comme un aboutissement, mais plutôt comme une ouverture vers d'autres musiques. Ainsi, sa rencontre avec Saul Williams (repéré grâce à un maxi étonnant sur Big Dada, division hip hop de Ninja Tune, et sa prestation dans le film Slam) sur le titre qui donne son nom à l'album, est apocalyptique. Saul s'y retrouve tel un griot des temps moderne, invoquant Coltrane, Morrison, Joplin, Hiroshima et Nagasaki, cerné par un maelström de sons et de rythmes. Krust maîtrise aussi parfaitement la composition au sens plus classique du terme (Soldiers, aux cordes crépusculaires). Et quand Krust exécute un titre plus dancefloor, il maîtrise son sujet : Nobel Assassins est un petit bijou de drum'n'bass sombre et technoïde, aéré de guitares dignes de Morricone. Seul bémol, la présence d'une chanteuse, qui en fait beaucoup trop, gâche quelques titres. Malgré tout, Coded Language a quelques beaux jours devant lui avant de laisser décrypter tous ses secrets.
Jérôme Mestre
MAGIC RPM  #35
article extrait de :
MAGIC RPM #35 Commander ce numéro


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