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Biographie

Né à Düsseldorf en 1970 sur les cendres d'Organisation (qui comprend de futurs membres de Neu! et auteur de l'album Tone Float), ce quatuor mené par deux têtes pensantes, Ralph Hütter et Florian Schneider, sont à la techno ce que The Beatles furent à la pop : des visionnaires et des passeurs.

Après une carrière débutée sous les auspices (and love) du krautrock, Kraftwerk se définit une image neutre, celle d'Allemands moyens en costume-cravate, et s'enferme dans ses fameux Kling Klang studios avec la volonté de réaliser une Gesamtkunstwerk, une œuvre d'art totale. En mêlant fond et forme, avant-garde et succès populaires, utilisation de la technologie moderne et réflexion sur celle-ci (le nucléaire, l'informatique, les transports : autoroutes, trains, cyclisme…), le groupe publie entre 1974 et 1981 cinq albums majeurs, dont le dernier (Computer World, 1981) reste encore une source d'inspiration pour de nombreux artistes actuels. La soi-disante déshumanisation de sa musique ne peut se comprendre sans l'humour que le quatuor, pince-sans-rire, manie à la perfection – ce qui lui vaudra des problèmes avec les écologistes à la sortie du séminal Radioactivity (1975). La germanité affichée de Kraftwerk se fond dans son attachement au Village Global : ainsi, tous les disques connaîtront des versions allemandes, anglaises, françaises et russes – hélas, les plus courantes aujourd'hui sont les versions anglaises. Après un passage à vide dans les années 80 et 90, Kraftwerk est revenu en 2003 avec Tour De France Soundtracks, album plus attachant que convaincant, mais prétexte à des concerts hypnotiques à travers le monde, où apparaissaient les fameux robots à leur effigie. Ce qui n'a pas manqué de remettre sur le tapis l'influence majeure de ces Teutons précurseurs, sans qui le hip hop, la techno, l'electropop n'auraient sans doute jamais vu le jour. Ou sous des formes bien différentes.